Africa-Press – Gabon. A l’occasion du rituel des civilités de nouvel an, le Président d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nzé, trace le ‘’chemin de l’espérance’’ pour son pays et ses compatriotes au seuil de cette année nouvelle 2026. L’espérance qui prendrait avant tout sa source, selon le Chef de file de l’opposition gabonaise, par le respect de leurs engagements et des citoyens par les tenants du pouvoir. Après le 30 août 2023, « un jour nouveau allait enfin se lever sur le Gabon, nous avait-on annoncé. Le peuple, dans sa grande majorité, y avait cru, car il aspirait au changement. Mais près de trois ans après, le constat est clair, l’espoir a laissé place à la désillusion et le peuple n’y croit plus », avance Alain-Claude Bilie-By-Nzé qui croit savoir que depuis bientôt trois ans, « le Gabon serait passé en mode bricolage ».
Pour Alain-Claude Bilie-By-Nzé, le péché originel a consisté pour les ceux qu’il appelle ‘’les nouveaux maîtres du Gabon’’, à tout triturer et tripatouiller, dans un État plus affaibli que jamais, où la justice est aux ordres, elle est piétinée et où l’État de droit n’existe plus.
« Si tout a changé dans la vie des nouveaux maîtres du Gabon et de leurs proches, rien, ou presque, n’a changé pour le peuple. Les institutions n’ont pas été restaurées, elles ont même été rabaissées, soumises aux dictats d’un seul homme, cet homme propulsé détenteur exclusif du pouvoir suprême. Les institutions fonctionnent désormais dans une forme d’exception permanente, dans un clair-obscur constitutionnel fait d’arrangements politiciens », fait-il observer pour le déplorer.
L’ancien Premier ministre fait aussi l’amère constat de ce qu’ « ils ont bricolé le dialogue national dit inclusif. Ils ont bricolé le Référendum. Ils ont bricolé la Constitution. Ils ont bricolé le Code électoral. Ils ont bricolé les élections. Ils ont bricolé les institutions. Ils ont bricolé le procès de la famille d’Ali Bongo. Ils ont bricolé le procès dit de la Young Team. Ils ont bricolé le budget. Ils ont bricolé les rangs d’orientation économique. Mais bricoler, ce n’est pas gouverner. Bricoler, c’est improviser. C’est avancer sans vision, sans méthode, sans règle claire. Bricoler, c’est rafistoler », regrette Bilie-By-Nzé.
Dans le même temps, le Président d’EPG fait observer que les impôts et taxes écrasent les ménages, alors que les salaires n’ont pas été revalorisés depuis plus de dix ans et que les retraités ont de plus en plus de mal à survivre avec leurs pensions. Le chômage des jeunes ne cesse d’augmenter, malgré les multiples promesses de recrutement, tant au sein des administrations publiques que du secteur privé.
« Quand on bricole les finances publiques, on annonce avoir remboursé 3 000 milliards de francs CFA de dette sur un total de 7 000 milliards trouvés en septembre 2023. Alors que, dans le même temps, la dette du Gabon est évaluée à 8 600 milliards de francs CFA, soit en réalité 4 600 milliards empruntés par son pouvoir en deux ans à peine », ironise Alain-Claude Bilie-By-Nzé.
»Leçon de gouvernance »
Devant ce constat qui sonne comme une évidence à ses yeux, à savoir la maison Gabon prend de l’eau et la désillusion s’installe, car trop de promesses auraient été faites avec peu de réalisations, Alain-Claude Bilie-By-Nzé préconise de bâtir la nation en disant la vérité à son peuple sur des mesures appropriées après analyse et non pas en confondant actions et gesticulations, en bricolant.
« Bricoler, c’est remplacer le droit par de petits arrangements. C’est l’État qui est géré par à coup, à la petite semaine, en donnant raison au dernier qui a parlé. Bricoler, c’est refuser l’expertise pour accorder sa confiance aux visiteurs du soir, ses copains et coquins qui décident de tout et qui ne sont responsables de rien », fait-il savoir.
Pour autant, en dépit des promesses non tenues et la désillusion qui s’installe, à cause d’un quotidien de plus en plus intenable, le Président d’Ensemble Pour la Gabon exhorte ses compatriotes à ne pas céder à la résignation et à exiger « de nos dirigeants le respect de leurs engagements et surtout le respect de nos personnes. Au nombre des engagements non concrétisés, il y a la recherche de la vérité sur les événements d’août 2009 et d’août 2016. C’est pourquoi j’en appelle à nouveau, solennellement, à la mise en place de la commission vérité, justice, réparation et réconciliation », a-t-il déclaré.
Au sujet des enlèvements, assassinats et autres crimes rituels qui font la ‘’Une’’ de l’actualité, Alain-Claude Bilie-By-Nzé engage la nation entière à les combattre par tous les moyens légaux disponibles ou à créer, d’amplifier la lutte et de tout mettre en œuvre pour que plus jamais de parents n’aient à pleurer pour la perte d’un enfant.
« Je demande par conséquent la mise en place d’un dispositif à l’aide de disparition, la création d’une cellule dédiée au niveau de la justice et parquet, la protection des témoins, la création d’un parquet spécialisé, la tolérance zéro pour les auteurs et commanditaires, une publication des résultats et des statistiques des enquêtes, une implication plus accrue des acteurs politiques, des religieux et des responsables d’associations », suggère-t-il.
Alph ’-Whilem Eslie





