Séraphin Moundounga Lâché En Plein Vol Sans Parachute

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Séraphin Moundounga Lâché En Plein Vol Sans Parachute
Séraphin Moundounga Lâché En Plein Vol Sans Parachute

Africa-Press – Gabon. L’éviction de Séraphin Moundounga figure parmi les décisions les plus inattendues de ce début d’année politique. À la surprise générale, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, s’est séparé de l’un de ses plus proches collaborateurs, sans ménagement, 7 mois après l’avoir sorti de la présidence du Conseil économique, social et environnemental (CESE) pour le propulser Vice-Président de la République.

Depuis le 1er janvier, Séraphin Moundounga n’est plus Vice-président de la République, poste certes fantomatique mais offrant prestige et confort à son occupant.

Aucune nouvelle fonction ne lui a été attribuée. Un vide qui contraste avec la place qu’il occupait jusque-là au sommet de l’État et avec le rôle actif qu’il jouait dans la mise en musique du projet présidentiel.

Ce limogeage sonne comme un déclassement brutal pour Séraphin Moundounga, présenté il y a encore peu comme un « phœnix » revenu d’exil qui se bat pour reconstruire son influence, notamment dans sa province natale de la Nyanga.

Pour lui succéder, le chef de l’État a porté son choix sur Alexandre Barro Chambrier, 68 ans, figure politique aguerrie et poids lourd de l’opposition d’hier, désormais pleinement intégré au dispositif du pouvoir.

Moabi, le grain de sable?

La question brûle les lèvres: Séraphin Moundounga paie-t-il le prix de l’imbroglio électoral de Moabi lors des élections législatives d’octobre et novembre dernier?

Dans cette localité, la confrontation entre l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), parti présidentiel, et le Parti démocratique gabonais (PDG) a viré à la guerre de tranchées. Les joutes électorales se sont muées en querelles ouvertes, parfois indignes d’un débat démocratique apaisé.

Le Vice-président n’y était pas un simple spectateur. Bien au contraire, il s’est engagé corps et âme pour imposer la ligne et les candidats du pouvoir, au point de se retrouver en première loge d’un affrontement politique local devenu national par ricochet. Cette implication directe a-t-elle fini par agacer, voire embarrasser le sommet de l’État, soucieux d’apparaître comme arbitre et garant de la stabilité?

Reste désormais à savoir si Séraphin Moundounga rebondira ou s’il sera durablement relégué aux marges du jeu politique. Sera-t-il recasé dans une autre fonction, rappelé à un rôle de conseiller de l’ombre, ou tout simplement laissé à l’abandon, victime collatérale des recompositions en cours?

Pour l’heure, le principal intéressé garde le silence, pendant que le landerneau politique spécule. Une chose est sûre: cette éviction brutale laisse des traces et nourrit le sentiment qu’en politique gabonaise, la chute peut être aussi rapide que l’ascension. Wait and see.
Camille Boussoughou

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