Africa-Press – Gabon. Le Gabon s’apprête à franchir un cap historique dans la démocratisation de l’accès à la propriété foncière. Dès le 16 février 2026, l’opération de régularisation foncière de masse (RFM) débutera officiellement dans le Grand Libreville, avec l’objectif ambitieux de délivrer progressivement 50000 titres fonciers. Cette initiative du chef de l’État, saluée par les populations, propose des titres à 600 000 francs CFA pour les terrains de 0 à 2000 m2, une mesure présentée comme sociale et fiscale pour renforcer la sécurisation foncière.
Une réunion technique tenue le 14 février 2026 au gymnase Omar Bongo-Ondimba a marqué les derniers préparatifs de l’opération d’envergure dénommée Régularisation foncière de masse (RFM). Présidée par le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, cette session a permis de finaliser les modalités pratiques d’une initiative qui ambitionne de transformer durablement le paysage foncier gabonais.
Un dispositif administratif intégré au Palais des sports
Pour faciliter les formalités et rapprocher l’administration des citoyens, un espace spécial de paiement sera aménagé au palais des sports. «On va aménager quelques espaces à l’intérieur pour faire en sorte que les agents du ministère de l’Habitat, ceux de l’ANUTTC, ceux du tribunal, ceux du trésor, ceux des impôts soient tous là », a expliqué le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Monsieur Mays Mouissi.
Cette centralisation vise à accélérer les procédures et à éviter aux usagers les démarches multiples dans différents services. L’initiative témoigne de la volonté gouvernementale de moderniser l’administration et de la rendre plus accessible aux citoyens.
Une phase pilote à Akanda pour tester le dispositif
Selon le communiqué de la Commission ad hoc de régularisation foncière de masse, lu par Hélène Ludmila Niamandono, l’opération couvrira les communes d’Akanda, Libreville, Owendo et Ntoum. Une phase pilote sera déployée dans la commune d’Akanda, «précisément au sein de la section YQ couvrant le lotissement Ogooué dans la zone d’Angondjé au lieu dit King’s Choice ».
Durant cette période de test, les équipes techniques procéderont «au recensement et aux enquêtes foncières nécessaires à l’établissement des titres de propriété et d’occupation». Les résidents de ce secteur sont invités à «se tenir prêts et à collaborer avec les experts du ministère afin de garantir la sévérité du traitement des dossiers et l’exactitude des relevés topographiques et administratifs».
Documents requis et mesures anti-fraude
La Commission a établi une liste précise des documents nécessaires: pièces d’identité en cours de validité, justificatifs d’occupation selon la situation (acte de cession sous seing privé, acte de vente, attestation de réservation, quittance de paiement de taxes ou facture SEG liée au site), et documents techniques si disponibles (plan de bornage, permis d’occuper, décrets d’attribution).
Pour prévenir les tentatives de fraude, «les agents déployés seront strictement identifiables par le port obligatoire d’un badge officiel de la RFM avec QR code et munis d’un ordre de mission dûment signé par les autorités compétentes». La communication du ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre rappele « avec fermeté qu’aucun paiement n’est autorisé sur le terrain, l’étape des enquêtes techniques étant totalement gratuite ».
Au-delà de l’annonce, tout se jouera dans l’exécution: transparence, rigueur et capacité à délivrer effectivement les 50 000 titres annoncés. À 600 000 francs CFA, l’État affiche une volonté d’élargir l’accès à la propriété. Si la mise en œuvre suit, la RFM pourrait constituer un tournant durable dans la gouvernance foncière. Dans le cas contraire, elle restera une promesse de plus confrontée aux réalités du terrain.





