Africa-Press – Gabon. Le milieu de la médecine traditionnelle est en émoi après l’incarcération de Claudel Bouassa Ndombi à la prison du Château à Port-Gentil. Ce tradipraticien, censé incarner la guérison et la protection, est aujourd’hui inculpé pour des faits de viol sur mineure et menaces de mort, transformant son sanctuaire de soin en un lieu de supplice.
Selon les informations du quotidien l’Union relayées ce week-end, l’affaire remonte à août 2023. À l’époque, une mère de famille, désemparée par l’addiction de sa fille de 17 ans (G.F.) aux stupéfiants, choisit de placer sa confiance en Bouassa Ndombi. Pensant offrir à son enfant une cure de désintoxication efficace par les méthodes traditionnelles, elle confie l’adolescente à la garde exclusive du «nganga». C’est précisément dans l’intimité de son temple que le praticien aurait abusé de son autorité. Profitant de la vulnérabilité de sa patiente, il l’aurait soumise à des rapports sexuels répétés, précédés de fellations imposées.
Au-delà des agressions sexuelles, les méthodes «thérapeutiques» utilisées par Claudel Bouassa Ndombi soulèvent une profonde indignation. Sous prétexte de traitement, le tradipraticien forçait l’adolescente à introduire dans son appareil génital une mixture abrasive composée d’ail et de piment, toujours selon le quotidien. En outre, ces pratiques, loin des protocoles de guérison ancestraux, sont apparues comme des actes de torture et de sadisme déguisés en rites de désintoxication.
La fin de l’impunité
Le silence de la victime a finalement été brisé face à l’instabilité persistante de son état de santé. Alertée, sa mère a recueilli les aveux de la jeune fille, retraçant le calvaire qu’elle avait subi durant deux ans et demi. La plainte déposée auprès de la police judiciaire a scellé le sort du tradipraticien. Ce dernier a été interpelé suite aux déclarations de la victime. Après son passage devant le juge d’instruction, il a été inculpé pour viol sur mineure et menaces de mort avant d’être placé sous mandat de dépôt à la prison du Château lundi dernier.
Cette affaire jette une ombre sur la profession de tradipraticien et rappelle l’importance de la vigilance des familles face aux dérives de certains acteurs du secteur informel de la santé.
Thécia Nyomba





