Alain Bâ Oumar, un patron des patrons sous pression

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Gabon : Alain Bâ Oumar, un patron des patrons sous pression
Gabon : Alain Bâ Oumar, un patron des patrons sous pression

Africa-PressGabon. Réélu en août 2020 à la tête de la Confédération patronale gabonaise, Alain Bâ Oumar se trouve mis en difficulté par des accusations de malversations.

Interrogé en octobre par le quotidien progouvernemental L’Union, Alain Bâ Oumar n’a pas franchement défendu les entreprises dont les créances (241 milliards de F CFA, 366 millions d’euros) ont été annulées par l’État.

Reconduit en août à la tête de la Confédération patronale gabonaise (CPG), il a au contraire dénoncé celles qui auraient présenté des fausses factures. En 2018, cet homme d’affaires avait montré plus de combativité pour obtenir, sous l’égide du Club de Libreville, le paiement de 400 milliards de F CFA dus par le Gabon au secteur privé.

Réécriture des codes minier, pétrolier et du travail

Le fondateur d’IG Telecom, qui s’est fait une place de choix en Afrique centrale dans la fourniture de services de communication par satellite (VSAT), est sous pression. La task force, sous l’autorité de Noureddin Bongo Valentin, lui reproche d’avoir empoché 600 millions de F CFA pour la connexion des lycées et écoles primaires sans avoir honoré ce marché.

L’euphorie de sa réélection sans opposition a disparu. Son premier mandat, décroché avec une voix d’écart face à Jean Bernard Boumah, avait convaincu les 300 membres de la CPG, pesant 80 % de la richesse nationale, de sa capacité à se faire entendre des pouvoirs publics et à redynamiser une organisation trop discrète.

Outre le paiement de la dette intérieure, Alain Bâ Oumar et ses équipes ont contribué à la réécriture des codes minier, pétrolier et du travail en cours, et à la réanimation de la chambre de commerce.

Cure d’amaigrissement du conseil d’administration

Avant d’être à la tête du CPG, il présidait la Fédération des opérateurs de communications électroniques du Gabon (Foceg), et sa croisade contre la contribution des entreprises du secteur au financement de l’assurance maladie des Gabonais économiquement faibles (GEF) avait aussi marqué les esprits.

Le natif de Libreville avait aussi amorcé une restructuration interne de la CPG, qui s’est traduite par une cure d’amaigrissement du conseil d’administration – le nombre d’élus est passé de 60 à 20 –, et par une réduction de la présence des organisations représentatives des branches d’activités, passée de 30 à 18.

Une réorganisation à marche forcée qui a suscité des remous. Comme cette lettre divulguée début 2020, révélant un malaise auprès d’une partie du personnel, qui se plaint de l’attitude rigide du patron gabonais.

Cette raideur a-t-elle créé de l’instabilité ? Durant son premier mandat, le dirigeant, qui n’a pas répondu aux sollicitations de Jeune Afrique, a épuisé deux secrétaires généraux. Mais tout semble indiquer que l’économiste Hamidou Okaba, en poste depuis l’an dernier, a signé pour un long bail.

Les critiques émanent aussi de l’extérieur de l’organisation. « Je ne reconnais plus la CPG depuis qu’il en a pris les rênes », se désole le dirigeant d’une association patronale, lui reprochant sa propension à privilégier les multinationales à l’économie locale.

Bien qu’affaibli, ce mathématicien, qui a fait ses classes à Aix-Marseille et à l’American University, à Washington, espère maintenir le cap et offrir au patronat l’aura dont il a été longtemps privé. Il voit en la crise multiforme provoquée par le Covid-19 une opportunité.

La CPG reste sur le front, en concertation avec le ministère de la Santé, avec des dépistages dans les entreprises, et continue de négocier les mesures de relance qui pourraient être adoptées, notamment au profit de ses membres.

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