Africa-Press – Gabon. Réuni à Libreville pour sa troisième session ordinaire de l’année 2025, le Comité national économique et financier (CNEF) a dressé un bilan exhaustif de la conjoncture nationale et sous-régionale. Sous la présidence de l’ancien ministre d’État Henri-Claude Oyima, l’institution a validé un cadrage macroéconomique ambitieux pour 2026, tout en ordonnant une offensive contre le marché illicite des devises. Entre investissements massifs de l’État et maîtrise de l’inflation, les perspectives se veulent volontaristes malgré un contexte pétrolier en déclin.
Le 30 décembre dernier, Libreville a abrité une session charnière du CNEF. Autour de la table, le gouvernement, la BEAC, ainsi que les représentants des secteurs bancaire et financier ont examiné les piliers de la Loi de finances 2026. L’enjeu est de taille: maintenir la trajectoire de croissance alors que l’environnement international s’assombrit.
Si Fitch Ratings a récemment abaissé la note souveraine du Gabon (de CCC- à CC), les autorités monétaires affichent un optimisme contrasté. Le taux de croissance, estimé à 3,5 % pour 2025, devrait bondir à 6,5 % en 2026. Cette performance ne viendra pas de l’or noir dont le déclin est acté mais d’une diversification accrue. L’agriculture, l’élevage, le BTP et l’industrie gazière sont cités comme les nouveaux moteurs de l’économie.
Pour soutenir cette dynamique, l’État entend jouer son rôle d’«investisseur stratégique». Le budget 2026, arrêté à 6 358 milliards de FCFA, consacre 2 137 milliards aux investissements. Ce programme sera financé à 60 % par des emprunts en monnaie locale, privilégiant ainsi la souveraineté financière et des maturités plus favorables.
La fin de l’impunité à « Mont-Bouet »?
L’un des points saillants de cette session concerne la «situation préoccupante» du marché des changes. Face à la pénurie de devises qui asphyxie certains opérateurs, le CNEF a pointé du doigt le marché noir. Une recommandation ferme a été émise pour le démantèlement des réseaux illicites, particulièrement au lieu-dit «Mont-Bouet».
Cette action coercitive, coordonnée entre le ministère de l’Économie, les forces de sécurité et la municipalité de Libreville, s’accompagnera d’une injonction faite aux banques par le Gouverneur de la BEAC pour garantir un approvisionnement suffisant du marché formel.
Inclusion et stabilité
Malgré ces tensions, le CNEF se félicite d’une inflation maîtrisée, projetée à moins de 3 % pour 2026, respectant les critères de convergence de la Cemac. Parallèlement, l’adoption de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) marque une volonté de moderniser l’accès aux services financiers pour les populations.
En somme, si les défis structurels et la notation internationale appellent à la prudence, le CNEF mise sur un État locomotive et une assainissement rigoureux du secteur financier pour transformer l’essai de la transition économique.





