CNSS: Doublement de la Part Salariale et Pouvoir d’Achat

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CNSS: Doublement de la Part Salariale et Pouvoir d'Achat
CNSS: Doublement de la Part Salariale et Pouvoir d'Achat

Africa-Press – Gabon. Depuis le 1er janvier 2026, les fiches de paie des travailleurs gabonais affichent une nouvelle réalité comptable. Suite aux décrets adoptés en décembre dernier, les taux de cotisation à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont été restructurés. Si l’exécutif vise la pérennisation d’un système historiquement fragile, le doublement de la part salariale pour certaines branches soulève des interrogations sur l’érosion du revenu disponible des ménages.

Le paysage de la protection sociale au Gabon amorce un virage surprenant. En application de la loi n°037/2023, le Conseil des ministres du 4 décembre 2025 a entériné une refonte des prélèvements sociaux, formalisée par les décrets n°4087/PR/MASSI et n°487. Cette réforme, entrée en vigueur en ce début d’année, modifie en profondeur l’équilibre des contributions entre employeurs et employés.

L’objectif affiché par les autorités est clair: restaurer l’équilibre financier de la CNSS sans toucher au montant des prestations versées. Pour ce faire, le taux global de cotisation a été ramené à 23 % de la masse salariale brute (contre environ 24,6 % précédemment). Cependant, derrière cette apparente baisse globale se cache un transfert de charge significatif vers les travailleurs.

Désormais, la part salariale totale grimpe à 5 %, contre 2,5 % auparavant pour la branche retraite. Le plafond de cotisation, lui, demeure inchangé à 1 500 000 FCFA mensuel.

Le détail des nouvelles cotisations

La nouvelle nomenclature se décline en trois piliers majeurs:

Assurance vieillesse, invalidité et décès (AVID): Le taux est fixé à 10 %, réparti à parts égales (5 % pour l’employeur et 5 % pour le salarié). C’est ici que l’effort demandé aux employés est le plus marqué, leur contribution ayant doublé.

Prestations familiales: Le taux de 5 % reste intégralement à la charge de l’employeur.

Risques professionnels (Accidents du travail): L’employeur supporte seul la cotisation de 2 %.

Les 6 % restants du taux global couvrent les autres branches, notamment la maladie, pour stabiliser le prélèvement total à 23 %.

Entre viabilité du système et grogne sociale

Sur le terrain, ce rééquilibrage ne manque pas de susciter des remous. Pour l’administration, il s’agit d’une mesure de salut public pour éviter l’effondrement du système de pension. En alignant la contribution des salariés sur celle des employeurs pour la branche AVID, le gouvernement mise sur une responsabilité partagée face au vieillissement de la population active.

Pourtant, pour les employés, la limite est évidente: la baisse du salaire net. Dans un contexte où le coût de la vie demeure une préoccupation majeure à Libreville et à l’intérieur du pays, ce prélèvement supplémentaire est perçu comme une taxe sur la consommation des ménages. Les partenaires sociaux, tout en reconnaissant la nécessité de réformer la CNSS, s’inquiètent de l’absence de mesures compensatoires pour amortir ce choc sur le pouvoir d’achat.

Si la réforme semble techniquement nécessaire pour assurer le versement des futures retraites, son succès dépendra de la capacité de la CNSS à améliorer sa gouvernance et la qualité de ses services. Car, pour le travailleur gabonais, payer plus ne sera acceptable que si la garantie de percevoir sa pension, le moment venu, devient une certitude absolue.

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