OzoServir: Nouvelle Marketplace de Services au Gabon

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OzoServir: Nouvelle Marketplace de Services au Gabon
OzoServir: Nouvelle Marketplace de Services au Gabon

Africa-Press – Gabon. Au Gabon, une nouvelle application ambitionne de transformer la manière dont les populations accèdent aux services du quotidien. Baptisée OZOservir, cette plateforme numérique met en relation particuliers et entrepreneurs, tous secteurs confondus, à condition qu’ils soient inscrits. Plombier, coiffeuse, livreur, enseignant, vendeur de meubles ou encore commercial: l’application centralise des profils variés accessibles en quelques clics.

À l’origine du projet, Béni-Jaël Mbata, entrepreneur gabonais résidant en France, fondateur du groupe SooPHA, actif dans l’immobilier, le retail, le cloud et le network. Il accompagne également de grands groupes internationaux, tels que CFAO, Bureau Veritas et GRTgaz dans leurs stratégies et transformations numériques. Mais au-delà de ces collaborations, il affirme que l’entrepreneuriat a toujours fait partie de son ADN. Tout part d’un constat de terrain. L’idée d’OZOservir est née d’une observation récurrente lors de ses séjours à Libreville. «À chaque fois, je constatais la même difficulté: trouver un prestataire fiable relevait du parcours du combattant. Tout passait par WhatsApp, Facebook ou le bouche-à-oreille, sans garantie sur la qualité, les prix ou même la disponibilité», explique-t-il. Face à l’absence d’une plateforme centralisée, simple et sécurisée, il décide de créer l’outil qu’il aurait lui-même souhaité utiliser, avec pour objectif de structurer un marché encore largement informel et offrir davantage de visibilité aux professionnels locaux.

Une réponse à un double besoin

Selon son concepteur, OZOservir répond à deux problématiques. D’après lui, d’un côté, les particuliers perdent un temps considérable à rechercher un prestataire sérieux, sans disposer d’indicateurs fiables. De l’autre, de nombreux professionnels compétents, tels que les coiffeurs, plombiers, livreurs, commerçants, enseignants ou étudiants, manquent d’outils pour se rendre visibles et développer leur clientèle. L’application regroupe ainsi services et ventes sur une seule interface. Elle intègre plusieurs fonctionnalités: géolocalisation pour identifier les prestataires à proximité, système de notes et d’avis vérifiés pour instaurer la confiance, messagerie interne pour échanger avant toute transaction, et paiement mobile sécurisé compatible avec les solutions locales. Un processus de vérification des profils (KYC) est également prévu afin de limiter les risques d’arnaque. En outre, la plateforme a été développée pour fonctionner avec des connexions internet parfois limitées, une réalité bien connue des usagers.

500 inscrits avant le lancement officiel

Avant même son lancement officiel, OZOservir revendique déjà près de 500 inscrits. Pour atteindre ce chiffre, l’équipe, composée de huit personnes, a privilégié une stratégie de proximité. Pendant plusieurs jours, elle a sillonné quartiers, marchés et carrefours de Libreville, allant à la rencontre des habitants et des professionnels. «Pas de campagne publicitaire, pas de budget média. Nous avons misé sur le contact humain, les démonstrations directes et les QR codes», précise Béni-Jaël Mbata. En moins d’une semaine, plus de 500 personnes se sont inscrites en tant qu’“early adopters”. Les premiers retours se veulent encourageants. «Une coiffeuse nous a confié qu’elle perdait des clientes faute de visibilité. Des commerciaux nous ont demandé d’ajouter leur métier dans l’application, ce que nous avons fait immédiatement», rapporte-t-il.

Si des solutions comme Facebook Marketplace, Jumia ou Jiji existent déjà, OZOservir entend se différencier. Là où ces plateformes sont principalement orientées vers l’e-commerce ou les petites annonces, OZOservir combine à la fois prestations de services et ventes de biens dans un environnement unique, pensé spécifiquement pour les réalités locales. L’inscription est gratuite dans un premier temps. À terme, un modèle économique progressif sera mis en place, reposant sur des abonnements accessibles «à partir de 1 900 FCFA par mois jusqu’à 5 000 FCFA pour une formule Pro avec badge vérifié, statistiques et vitrine professionnelle, ainsi que de légères commissions sur les paiements intégrés, estimées entre 3 et 4 %. Des options de mise en avant sponsorisée seront également proposées».

Une ambition locale avant l’expansion

Le lancement officiel de l’application est prévu pour la fin du premier trimestre 2026, d’abord à Libreville pour les premiers inscrits, avant une ouverture progressive au grand public. Par la suite, l’objectif est d’étendre OZOservir à d’autres villes du Gabon, puis à l’Afrique francophone. Toutefois, le fondateur insiste: «Notre priorité reste Libreville. Nous voulons d’abord être incontournables ici. La solidité locale fera la différence». En guise de message à la jeunesse gabonaise, Béni-Jaël Mbata conclut: «Mes plus grandes leçons ne viennent pas d’un ordinateur, mais des rues de Libreville. N’attendez pas les conditions parfaites. Commencez avec ce que vous avez, là où vous êtes».

Thécia Nyomba

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