Décès, à Paris, d’Émile Kassa Mapsi

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Décès, à Paris, d’Émile Kassa Mapsi
Décès, à Paris, d’Émile Kassa Mapsi

Africa-PressGabon. De source familiale, le dignitaire de la République, malade depuis quelques mois, a rendu l’âme, ce 18 juillet, dans un hôpital de la banlieue parisienne. A l’annonce de sa mort, Alexandre Barro Chambrier a salué «un analyste hors pair de la vie politique nationale au jugement tranchant et pertinent (ainsi que) son action dans lutte pour l’émancipation de notre pays, le Gabon» Homme politique d’envergure, Émile Kassa Mapsi avait un pedigree au long cours. Ancien ministre, ancien ambassadeur en Belgique et auprès de l’Union européenne, ancien vice-Premier ministre jusqu’en 1990, il fut ensuite élu Sénateur, puis président de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense nationale au Sénat.

Né le 6 juillet 1932 à Mouila, Émile Kassa Mapsi accède au gouvernement quelques mois après la disparition du président Léon Mba. Sous la présidence de son successeur, Albert-Bernard Bongo, il devient, à 36 ans, ministre des Affaires économiques et du Plan. Économiste et diplomatie, proche d’Omar Bongo, il était connu comme un tribun et négociateur de talent. Alors, en poste à Bruxelles, il était parvenu à convaincre ses pairs ambassadeurs africains de la mise sur pied du groupe Afrique. Il en fut même le premier président.

Ayant d’abord pris congé de la vie publique, il redevient actif sur la scène politique en 2015. Aux côtés d’autres anciens dignitaires de la République, tels que Paul Malékou, Jean-Marc Ekoh, Bonjean François Ondo, Jean-Ernest Oliveira, Jean-Eugène Kakou Mayaza ou Marcel Eloi Chambrier, regroupés au sein du Collectif des anciens cadres, notables et dignitaires de la République (CACNDR), Émile Kassa Mapsi s’était notamment positionné en faveur de l’apaisement des tensions entre le pouvoir et l’opposition quelque temps après la présidentielle de 2016. Avec le même collectif, il avait également pris fait et cause pour la déclaration de la vacance du pouvoir en mai 2019, plusieurs mois après le début des ennuis de santé d’Ali Bongo.

En juillet 2020, après la modification du Code pénal ayant permis d’entériner la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, avec le même collectif il monte au créneau pour appeler au strict «respect des valeurs héritées de nos aïeux à l’esprit et à la lettre de la loi fondamentale».

Deux ans auparavant, il est décoré de la Légion d’honneur française. Dominique Renaux, ambassadeur, Haut représentant de la République française au Gabon, lui remet les insignes qui le font commandeur de la plus haute distinction française, en février 2018. Auparavant, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) lui avait rendu hommage en baptisant de son nom sa représentation régionale dite Délégation de la Ngounié et de la Nyanga.

«Avec sa disparition, notre pays perd un grand serviteur de l’État, un homme d’une rare finesse, un analyste hors pair de la vie politique nationale au jugement tranchant et pertinent, un patriote dévoué qui nourrissait de grandes ambitions pour notre pays et sa jeunesse. En cette circonstance particulièrement douloureuse, je tiens à saluer, avec respect, sa mémoire et son action dans lutte pour l’émancipation de notre pays, le Gabon», a écrit, ce dimanche 18 juillet, Alexandre Barro Chambrier. Émile Kassa Mapsi avait 89 ans.

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