Dialogue national inclusif : Pour Bertrand Zibi, Ali Bongo était «un vampire»

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Dialogue national inclusif : Pour Bertrand Zibi, Ali Bongo était «un vampire»
Dialogue national inclusif : Pour Bertrand Zibi, Ali Bongo était «un vampire»

Africa-Press – Gabon. Rencontré aux premières heures du Dialogue national inclusif, Bertrand Zibi Abeghe a, sans langue de bois, donné son avis sur ces assises qui se poursuivent à Angondjé. «Le Gabon ne peut pas se permettre de rater le coche après tout ce que nous avons vécu», a déclaré cet ancien prisonnier politique qui appelle à désarmer les cœurs et à panser les blessures des victimes de l’ancien régime dirigé par Ali Bongo qu’il traite de «vampire». Ci-dessous l’intégralité de son propos.

Comment entrevoyez-vous l’issue de ce Dialogue ?

Une issue franche parce que le Gabon ne peut pas se permettre de rater le coche après tout ce que nous avons vécu. Après tout ce que nous avons vécu, il faut panser les blessures et penser à aller de l’avant. Et vous ne pourrez aller de l’avant que dans la vérité la plus absolue. La chose la plus difficile à désarmer c’est un cœur. Un cœur parfois ne se désarme pas. Chacun d’entre nous a hérité des querelles intestines de ses grands-parents. Au niveau national il y a eu des manquements. Des injustices criardes. Il y a des familles qui n’ont jamais fait le deuil. Les familles Ndouna Dépenaud, Mandza, Mboulou Beka, Toulékima et plusieurs autres. Et vous avez le massacre perpétré par Ali Bongo en 2016.

Que faut-il savoir de ce massacre ?

Plusieurs ne se sont pas déclarés parce qu’ils avaient peur. Il n’y a pas eu que des morts ou des prisonniers en 2016. Il y en a qui ont été enlevés de leur travail. Il y en a qui n’ont jamais plus travaillé au Gabon depuis qu’Ali avait pris le pouvoir. Simplement parce qu’il était rancunier. C’était un vampire pour le dire. Peut-être pas maintenant. Mais il faut commencer à penser à dédommager ces familles. Sans haine, sans vengeance. Il y en a qui sont amputés. Je connais des personnes qui n’ont plus d’yeux, qui ont des bras et pieds coupés. Que faisons-nous d’eux ?

Désarmer les cœurs vous dites…

La chose qu’il faut désormais faire, c’est de désarmer les cœurs des Gabonais pour que ces cœurs se remplissent une fois de plus d’amour parce que nous avons été extirpés du peu d’amour que nous avions. Les Gabonais se regardent en chiens de faïence. Les Gabonais se regardent comme s’ils allaient se dévorer. Alors ce Dialogue doit nous permettre de réapprendre à nous aimer, à nous pardonner et d’aller de l’avant.

Propos recueillis par Alix-Ida Mussavu Kombila

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