Visite controversée de Tidjane Thiam à Libreville : Enjeux, perceptions et réactions

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Visite controversée de Tidjane Thiam à Libreville : Enjeux, perceptions et réactions
Visite controversée de Tidjane Thiam à Libreville : Enjeux, perceptions et réactions

Africa-Press – Gabon. La récente visite de Tidjane Thiam, banquier franco-ivoirien de renom et ancien directeur de Prudential, à Libreville, a été accueillie avec scepticisme. Alors que certains y voient une opportunité de renouveau économique, d’autres y perçoivent le fantôme de la dépendance passée à l’expertise étrangère. Plongée au cœur d’une controverse qui révèle autant sur l’avenir économique que sur la perception du rôle de l’étranger au Gabon.

Il n’en fallait pas plus pour susciter des interrogations au Gabon, notamment concernant le recours à une expertise étrangère. Alors que le banquier de renom, le franco-ivoirien Tidjane Thiam, ancien directeur général de la compagnie d’assurances britannique Prudential, a séjourné les 1er et 2 octobre à Libreville, des réactions se sont fait entendre pour dénoncer ce que certains qualifient de «début de la légion étrangère de la transition». Plusieurs médias gabonais et de nombreux posts sur les réseaux sociaux ont en effet laissé entendre que ce magnat des finances était au Gabon, sollicité par les nouvelles autorités de la Transition, pour relancer l’économie.

La polémique a d’autant été plus vive que plusieurs journaux d’Afrique de l’Ouest, repris par leurs confrères gabonais, ont indiqué que «l’expert ivoirien est à Libreville pour sortir «rapidement ce pays des difficultés qu’il connaît et travailler à sa relance économique», «à la demande des nouvelles autorités du Gabon».

«L’une des raisons du rejet du régime d’Ali Bongo par les Gabonais, rappelle la blogueuse Anne Marie Dworaczek-Bendome, était sa préférence marquée pour les compétences étrangères». «À peine un mois après le renversement de l’ancien système, poursuit-elle, sous la transition du général de brigade, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon semble reproduire les schémas du passé». Un reproche fait au Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) par des internautes gabonais qui, visiblement, ont «mal interprété» et «apprécié» la présence de l’Ivoiro-français en terre gabonaise.

Des allégations réfutées par des sources autorisées au ministère de l’Économie et des Participations. Arrivé à Libreville le 1er octobre, le financier franco-ivoirien a rencontré le lendemain le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, avant de s’entretenir avec plusieurs membres du gouvernement. «Rien n’a été acté. Rien n’a été signé. Rien n’a été projeté» a laissé entendre une source haut placée du ministère.

Les interrogations grandissent, surtout que des journaux d’Afrique de l’Ouest, repris au Gabon, ont affirmé que M. Thiam était à Libreville pour «sortir rapidement le pays des difficultés» et «travailler à sa relance économique». «Il n’a pas été invité par le ministère de l’Économie», a rapidement réagi une source du ministère, précisant : «C’était la visite d’un investisseur potentiel. Rien n’a été acté. Rien n’a été signé. Rien n’a été projeté».

Bien que le banquier ait rencontré plusieurs personnalités du Gabon, dont le Premier ministre, le ministre de l’Économie et le ministre des Comptes publics, rien de précis ni d’officiel n’a été décidé ou annoncé à l’issue de ces discussions.

Au ministère de l’Économie, on indique que la rencontre avec M. Thiam s’est tenue à sa demande. Les tenant du ragot d’un appel au secours de Tidjane Thiam ont évoqué «l’expérience ivoirienne après le coup d’État de Robert Gueï» et «ses réussites professionnelles». Ils ont aussi argué de «la volonté du ministre gabonais de numériser les paiements pour élargir l’assiette fiscale».

Nombreux ont déploré que, «à peine un mois après le changement de régime, le Gabon semble reproduire les schémas du passé» en sollicitant une expertise étrangère. Des reproches balayés par des sources sûres de la Primature gabonaise, soulignant que Tidjane Thiam est venu à Libreville en consultant et investisseur, et non pour «gérer l’économie gabonaise».

S’il suscite des interrogations, le passage de M. Thiam à Libreville n’a, en réalité, donné lieu à aucun mandat officiel. Une source du ministère de l’Économie l’a d’ailleurs clairement indiqué : «Il n’y a aucun mandat de la République gabonaise désignant Tidjane Thiam comme Conseiller».

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