Grande voix d’Africa N°1, Crépin Ngangha s’éteint à 67 ans

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Grande voix d’Africa N°1, Crépin Ngangha s’éteint à 67 ans
Grande voix d’Africa N°1, Crépin Ngangha s’éteint à 67 ans

Africa-Press – Gabon. Journaliste de terrain, grand reporter puis directeur de l’antenne d’Africa N°1, Crépin Ngangha Ditsougou s’est éteint le 27 août 2025 à Paris. Figure du paysage médiatique gabonais et panafricain, il laisse derrière lui l’image d’un homme de radio passionné, rigoureux et visionnaire, dont la voix marqua l’âge d’or d’Africa N°1.

Le 27 août 2025, à Paris, s’est éteint Crépin Ngangha, l’une des grandes figures de la presse gabonaise et panafricaine. Sa disparition est celle d’une voix mais aussi d’une mémoire: celle d’un journaliste qui fit vibrer les ondes d’Africa N°1, radio mythique surnommée dans les années 1980-1990 «le tam-tam du continent».

Né à Lastoursville, enraciné dans l’Ogooué-Lolo, Crépin Ngangha avait choisi très tôt la voie du journalisme comme un sacerdoce. Formé avec rigueur, il obtint un DEA en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Bordeaux III (1993-1995), puis un DESS en communication et politiques de jeunesse au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris. Ce bagage académique allait nourrir un parcours fait d’exigence, de passion et de service.

Entré à Africa N°1 à la fin de la décennie ayant suivi son lancement, il y fit ses armes comme journaliste et grand reporter. Des plateaux d’Abidjan aux rues de Kinshasa, des sommets de chefs d’État aux événements culturels majeurs, il couvrit les grandes heures d’un continent en mouvement. Sa voix, particulièrement timbrée et reconnaissable entre toutes, guida les auditeurs dans les bouleversements de l’Afrique contemporaine.

En novembre 2008, il fut nommé directeur de l’antenne d’Africa N°1. À ce poste, il sut conjuguer héritage et renouveau, préservant l’esprit d’une radio pionnière tout en affrontant les défis d’une ère médiatique en mutation. Mais il n’était pas seulement un gestionnaire: il demeura toujours journaliste dans l’âme, mentor attentif pour les jeunes générations, défenseur ardent de l’éthique professionnelle.

Son passage à l’Ambassade du Gabon en France (2004-2009) en tant que Conseiller chargé de la presse et de l’information attesta aussi de sa polyvalence: homme de diplomatie autant que de médias, il savait mettre sa plume et sa parole au service de la représentation du pays.

Membre de l’Union de la Presse Francophone (UPF-Gabon), intervenant régulier dans les débats sur la liberté de la presse, panafricaniste et environnementaliste convaincu, il portait une vision claire: «l’Afrique doit écrire et raconter elle-même son histoire».

Avec sa disparition, c’est un pan de l’histoire médiatique africaine qui s’efface. Il laisse forcément l’image d’un homme de terrain devenu stratège, d’un journaliste devenu guide, d’une voix devenue mémoire. Dans le silence laissé par son départ, résonne encore la conviction qui l’habitait: l’Afrique a des voix, et elles méritent d’être entendues.

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