Africa-Press – Gabon. Face à l’épuisement de ses ressources et à l’exigence de normes internationales, le Samu Social Gabonais a annoncé l’arrêt momentané de ses activités ce 25 février 2026, dés 18 heures. Entre inventaire de survie et cri d’alarme, la structure met en lumière un risque sanitaire majeur pour des milliers de bénéficiaires.
C’est un coup de tonnerre dans le paysage médico-social gabonais. Par un communiqué diffusé sur sa page Facebook officielle, le Dr Wenceslas Yaba, coordonnateur général du Samu Social Gabonais, a annoncé la suspension des prestations à compter de ce mercredi, 18h. Cette décision, prise avec «beaucoup de regrets», impose un arrêt brutal pour une machine humanitaire qui traite quotidiennement des volumes critiques de patients.
L’argument central de cette suspension repose sur l’incapacité technique actuelle de garantir une prise en charge conforme aux standards internationaux. Pour le Coordinateur général du Samu Social et de la Médecine Humanitaire, il s’agit d’une question d’éthique de survie:
«Pour ne jamais participer aux décès évitables, pour lesquels la lutte farouche est notre raison de fonctionner, nous maintenons depuis quelque temps nos compatriotes en vie au forceps, nonobstant de multiples efforts et imaginations louables».
Cette pause forcée doit permettre un inventaire minutieux des stocks et des capacités. Le coordonnateur souligne que l’institution ne peut plus naviguer à vue face à «l’inexistence des moyens pour accomplir ce que nous devons faire aux normes».
Un impact social immédiat
Les chiffres de cette mise à l’arrêt sont vertigineux. La suspension affecte: 2 500 malades en consultation journalière ; 400 interventions à domicile via le numéro vert 1488 ; le plus grand parc de couveuses gratuites du pays, vital pour les transferts néonataux des hôpitaux publics.
Le Dr Yaba invite désormais les usagers à se diriger vers les structures publiques classiques, tout en précisant avec une pointe d’amertume que celles-ci, bien qu’existantes, sont « certes payantes ».
Ce travail de rigueur, effectué deux fois par an, semble cette fois-ci revêtir une urgence particulière en ce début d’année. L’enjeu est de définir de nouveaux objectifs pour sortir d’une gestion précaire et assurer une «qualité des soins efficiente et vitale». La direction espère une reprise rapide, sans toutefois donner de date précise, laissant des milliers de Gabonais dans l’incertitude sanitaire.





