Africa-Press – Guinée. La profession de pharmacien en République de Guinée mérite aujourd’hui une profonde réflexion afin de garantir une gestion plus efficiente de notre activité et, surtout, de préserver notre rôle essentiel dans le système de santé.
Trop souvent, les pharmaciens sont perçus par les autorités comme de simples commerçants, placés dans le même panier fiscal et sociétal que des métiers qui, bien que respectables, n’exercent pas une profession réglementée à vocation sanitaire. Cette assimilation est non seulement réductrice, mais elle méconnaît la réalité de notre mission: nous sommes des agents de santé publique, responsables de la qualité, de la sécurité et de la bonne dispensation des médicaments.
Prenons l’exemple de l’électricité. Elle nous est facturée comme si elle servait uniquement à générer du profit, alors qu’elle est indispensable à la conservation des médicaments. Derrière chaque réfrigérateur alimenté se trouve une exigence sanitaire: maintenir la chaîne du froid, préserver l’efficacité des vaccins et garantir aux patients des traitements sûrs. Ce n’est pas un luxe commercial, c’est une obligation de santé publique.
Si cette incompréhension persiste et que nos préoccupations ne sont pas portées avec force auprès des plus hautes autorités, nous courons le risque réel de voir de nombreuses officines fermer. Le pays pourrait alors faire face à un désert pharmaceutique dans plusieurs localités, avec des conséquences directes sur l’accès aux soins.
Il est donc urgent que nos organisations professionnelles assument pleinement leur rôle de plaidoyer. Nos difficultés doivent être clairement exposées afin que l’État envisage des mesures d’accompagnement adaptées: allègements fiscaux, tarification électrique spécifique aux structures de santé, reconnaissance officielle de notre statut sanitaire, et mise en place d’honoraires pour les actes pharmaceutiques.
Car malgré les sacrifices consentis quotidiennement pour protéger la santé des populations, les pharmaciens continuent d’être traités comme de simples opérateurs économiques. Cette situation n’est ni juste, ni durable.
Reconnaître pleinement le pharmacien comme un acteur stratégique de la santé publique n’est pas un privilège: c’est une nécessité pour renforcer notre système sanitaire et garantir à chaque citoyen un accès sécurisé au médicament.
L’heure n’est plus à l’ambiguïté. Il est temps d’accorder à la profession pharmaceutique la considération et le cadre qu’elle mérite.
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