Tarifs Médicaux en Guinée: Urgence de Régulation

2
Tarifs Médicaux en Guinée: Urgence de Régulation
Tarifs Médicaux en Guinée: Urgence de Régulation

Africa-Press – Guinée. Dans un pays où la santé devrait être un refuge et non une source d’angoisse, une réalité troublante s’impose aujourd’hui en Guinée: se rendre dans une structure sanitaire est devenu, pour beaucoup, un saut dans l’inconnu financier. Depuis la libéralisation du système de santé, les actes médicaux se pratiquent librement, sans cadre tarifaire clair, laissant place à des disparités parfois choquantes entre établissements publics, cliniques privées et cabinets.

Comment accepter qu’un patient franchisse la porte d’un centre de soins sans la moindre idée du montant qu’il devra payer? Comment tolérer qu’un acte médical, identique dans sa nature, varie du simple au multiple selon l’endroit où il est pratiqué? Cette imprévisibilité fragilise les ménages, retarde la prise en charge et pousse certains à renoncer aux soins avec des conséquences humaines et sociales incalculables.

Pourtant, un exemple concret prouve que la régulation est possible: dans le secteur pharmaceutique, les prix des médicaments sont fixés par arrêté conjoint, garantissant une marge connue et une certaine équité pour le public. Pourquoi ce qui protège le patient face au prix des médicaments ne pourrait-il pas également le protéger face au coût des actes médicaux?

Aujourd’hui, certaines pratiques interrogent. Voir une infiltration facturée à 500 000 francs guinéens alors que le coût des produits nécessaires n’atteint même pas le quart de ce montant soulève une question fondamentale: où se situe la limite entre juste rémunération de l’expertise médicale et dérive tarifaire? La santé ne peut être un marché livré à lui-même. Elle touche à la dignité humaine, à la justice sociale et à la cohésion nationale.

Cette situation appelle une décision forte, courageuse et structurante.

Il est temps d’établir une grille nationale des tarifs médicaux claire, officielle et opposable couvrant consultations générales et spécialisées, examens biologiques, imagerie et actes techniques. Une telle mesure ne viserait pas à pénaliser les professionnels de santé, dont l’engagement est indispensable, mais à instaurer transparence, confiance et équilibre entre viabilité des structures et protection des patients.

Car réguler, ce n’est pas contraindre: c’est organiser pour mieux servir.

Le nouveau leadership au ministère de la Santé a ici une occasion historique: celle de marquer un tournant décisif en plaçant le citoyen au cœur du système de soins. Fixer des tarifs, c’est envoyer un message clair , celui d’un État qui protège, qui anticipe et qui refuse que la maladie devienne une double peine, sanitaire et financière.

L’histoire retient les réformes qui soulagent les peuples. Celle-ci pourrait en faire partie.

Agir maintenant, c’est éviter que la peur de payer ne devienne plus forte que le besoin de se soigner. C’est restaurer la confiance entre patients et soignants. C’est, tout simplement, faire de la santé publique une priorité réelle et non un principe abstrait.

Madame la Ministre, la décision que beaucoup attendent n’est pas seulement administrative , elle doit être profondément humaine.

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Guinée, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here