Management des Leçons Tirées de la Guerre en Iran

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Management des Leçons Tirées de la Guerre en Iran
Management des Leçons Tirées de la Guerre en Iran

Africa-Press – Guinée. La guerre en Iran a opposé une puissance financière face à un pays sous sanctions économiques depuis 45 ans. Et pourtant, Téhéran a pu résister, obligeant les Etats-Unis à la négociation. Cette guerre n’a pas que des enseignements militaires, elle comporte aussi des leçons en management, notamment pour les petites entreprises. C’est du moins la conviction de l’économiste Magaye Gaye qui a détaillé les enseignements dans une tribune.

L’une des leçons, selon Gaye, est que le fait de disposer de plus de ressources financières n’est pas forcément synonyme de plus de compétitivité. « Ce conflit démontre que la surface financière n’est plus la mesure pertinente de la compétitivité. La vraie mesure est désormais la supériorité stratégique — capacité à préparer, anticiper, s’adapter et tenir face à l’adversaire quelle que soit la disproportion des moyens. Cette vérité s’applique aux États comme aux entreprises, aux banques comme aux institutions. Elle doit entrer dans tous les curricula de management du monde ».

Ce constat appelle un autre, la maîtrise de son adversaire. Selon l’économiste, l’analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités et menaces) ne suffit plus. A la connaissance de soi s’ajoute désormais la connaissance de l’adversaire, notamment ses forces, ses faiblesses et tout autres renseignements stratégiques sur lui. « Les États-Unis ont parfaitement évalué leurs propres forces. Mais ils n’ont pas sérieusement analysé les forces réelles de l’Iran, sa résilience profonde, sa cohésion interne, l’étendue de ses alliances régionales. Ils ont construit leur stratégie sur une vision à moitié aveugle », soutient l’ancien de la BAD.

La troisième leçon est la stratégie graduée. Gaye rappelle que l’Iran n’a pas essayé de rivaliser avec les Etats-Unis sur la base d’une puissance de feu. Téhéran a adopté, dit-il, la stratégie des cercles concentriques en ciblant tour à tour les bases militaires américaines, les infrastructures stratégiques des pays du Golf partenaires des Etats-Unis, les intérêts américains dans la région… Ce dévoilement progressif de la capacité de nuisance a installé une incertitude sur son arsenal, ce qui a pesé sur la balance lors des négociations, selon Magaye Gaye. « Cette doctrine — que nous appelons la stratégie des cercles concentriques — est directement transposable au monde des affaires: toute entreprise, même modeste, peut déstabiliser un concurrent dominant en ciblant d’abord ses partenaires, ses fournisseurs et ses marchés périphériques avant d’attaquer son cœur de métier », avance-t-il.

En résumé, une stratégie basée sur des information fiables et non approximatives, l’investissement sur l’ingéniosité technique notamment les équipements légers et adaptés plutôt qu’un arsenal lourd et coûteux, le contrôle des flux et des carrefours stratégiques, le ciblage des adversaires du concurrent avant de l’affronter sont autant de viatiques qui peuvent aider une entreprise en position de faiblesse mais bien préparée. Il s’y ajoute la préparation à l’adversité en temps de paix, la définition d’un chronogramme rigoureux pour toute stratégie, le silence sur la stratégie d’entreprise, le contrôle des informations internes et la participation à toutes négociations entre autres.

Source: Seneweb

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