Maitre DS Bah sur le massacre du 28 septembre : ‘’C’était une attaque barbare…On n’a épargné personne’’

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Maitre DS Bah sur le massacre du 28 septembre : ‘’C’était une attaque barbare…On n’a épargné personne’’
Maitre DS Bah sur le massacre du 28 septembre : ‘’C’était une attaque barbare…On n’a épargné personne’’

Africa-Press – Guinée. Pour amener le président du tribunal Sory II Tounkara à qualifier le massacre du 28 septembre de crimes contre l’humanité, l’avocat Me Alpha Amadou DS Bah est revenu ce mardi 14 mai, dans ses plaidoiries, sur le mode opératoire des éléments des forces de défense et de sécurité accusés d’avoir réprimé dans le sang les manifestants mobilisés au stade de Conakry.

Cet avocat des victimes du massacre du 28 septembre dénonce la barbarie des forces de défense et de sécurité contre les manifestants. Extraits…

‘’Le mode opératoire, ces crimes ont été commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systémique contre une population civile.

Si nous replongeons dans l’attaque du 28 septembre, la définition est donnée dans les statuts de Rome. La référence de l’attaque est un comportement qui consiste à la commission d’actes de violences. Le terme attaque englobe également un traitement infligé aux civils. Les actes qui ont été commis doivent l’être dans un périmètre bien défini.

En ce qui concerne le caractère systématique. Sur la jurisprudence, le Tribunal pénal infernal de l’ex-Yougoslavie a identifié des facteurs indicatifs d’une attaque généralisée ou systématique qui comprend les conséquences de l’attaque sur les populations visées. Donc, on s’attache sur les conséquences, le nombre des victimes, la nature des actes, la possible participation des officiels, d’autorités et les modes opératoires identifiants dans la commission du crime.

Alors, si nous transposons cela sur les faits du 28 septembre, qu’est-ce que nous avons ? Les manifestants qui étaient au 28 septembre ont été frappés par des matraques, des croches de fusils et toutes sortes d’armes, des femmes ont été violées. Donc, il y a eu un nombre élevé de victimes. Il y a eu synchronisation entre ceux qui sont en train de commettre les exactions. Chacun s’est occupé d’une tâche, tirs de gaz lacrymogènes, attaque par les bérets rouges, fermeture des portes. Donc, ça ne fait l’objet d’aucun doute que ces critères sont revenus.

Les événements du 28 septembre ont eu pour conséquences au moins 157 morts, 107 femmes violées et plus de 100 disparus. Donc, il y a eu une attaque généralisée. Cela se détermine par le fait de venir tirer sur tout ce qui bouge sans discernement et de façon répétitive. Il ne s’agit pas de cas isolés, venir rencontrer un civil à Kindia l’abattre et un autre à Nzérékoré. C’est plutôt dans un seul endroit, dans un laps de temps, dans une synchronisation millimétrée. L’attaque est généralisée, on n’a épargné personne. Il y avait des femmes, des vieux et même des adolescents. Quand on tire dans le tas, est-ce qu’on épargne une vie. Donc, ’était généralisé.

C’est une attaque systématique. C’est la répétition non accidentée de comportements criminels militaires. C’est un caractère acharné lancé simultanément. La population civile n’était pas dans un conflit armé. Ceux qui étaient attaqués, n’avaient pas d’armes. Ils n’avaient que des banderoles qui avaient même disparu. Donc, il n’y avait aucune possibilité de confondre un quelconque civil à une personne hostile. Il n’y avait aucune hostilité. Les gens chantaient, dansaient, ils étaient enthousiastes. C’était une attaque barbare.

La connaissance de l’attaque. Il y a eu la coordination des forces de l’ordre présentes au stade du 28 septembre (…). Cette attaque n’est pas fortuite. Pour avoir une telle synchronisation, il aura fallu que les gens s’entendent sur le mode opératoire. C’est ce qui justifie l’efficacité de la manœuvre. Il ne s’agit pas d’individus qui se sont retrouvés au stade et qui, chacun dans un élan criminel, a décidé d’agir. Ils se sont tous concertés. Ils ont établi un plan, ils ont réparti chaque rôle à chacun. Cette synchronisation avait été prévue de longue date.

Dans ce cadre, les statuts de Rome parlent de crimes spécifiques. Est-ce qu’on se trouve dans ce cadre ici ? Effectivement, parce qu’il y a eu des assassinats, de viols, de l’esclavage sexuel, des violences sexuelles, tortures et autres actes dégradants. Il ne fait l’ombre d’aucun doute que nous sommes dans le cadre de crimes contre l’humanité’’.

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