Rumeurs sur l’implantation d’une base militaire française en Guinée : la réaction du colonel Sadiba Koulibaly

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Rumeurs sur l’implantation d’une base militaire française en Guinée : la réaction du colonel Sadiba Koulibaly
Rumeurs sur l’implantation d’une base militaire française en Guinée : la réaction du colonel Sadiba Koulibaly

Africa-Press – Guinée. Le Chef d’état-major général des armées, le Colonel Sadiba Koulibaly, a démenti la rumeur faisant état de l’implantation d’une base militaire française en Guinée. L’officier l’a dit dans la soirée d’hier samedi, 18 juin 2022, dans un entretien accordé à nos confrères de la télévision nationale (RTG).

Alors que la rumeur enfle dans la cité, les autorités militaires guinéennes sortent du bois pour couper court. Selon le Colonel Sadiba Koulibaly, il n’a jamais été question de l’implantation d’une base militaire étrangère dans notre pays.

Guineematin.com vous proposons ci-dessous l’intégralité de cet entretien.

Depuis quelques semaines une rumeur court dans la cité selon laquelle une base étrangère serait en Guinée. Quelle réaction faites-vous à cette rumeur ?

Colonel Sadiba Koulibaly : tout d’abord, je commence par vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez pour éclairer la lanterne de l’opinion nationale sur ce sujet et conformément aux instructions du président de la transition, le Chef Suprême des forces armées. En effet, comme vous le dites, depuis quelques jours, cette rumeur totalement infondée alimente toutes les causeries. Je voudrais dire ici au nom du Chef de l’Etat, Chef Suprême des armées, qu’il n’est pas question et ne sera jamais question d’une création ou d’une implantation d’une base étrangère en Guinée pendant cette transition, sous le leadership du président de la transition. Que cela soit clair pour tous et chacun. Jamais il n’a été question au cours de cette transition de la création ou d’une implantation d’une base étrangère en Guinée. Le président d la transition pense que c’est aux Guinéens et seulement aux Guinéens de défendre la Guinée. Et cette conception, cette pensée du président, est antérieure au 5 septembre 2021. Bien avant le 5 septembre, il a pensé que c’est nous guinéens qui devons défendre notre pays. Donc, c’est une rumeur totalement infondée qui ne repose sur rien.

Pourquoi le ministre de la défense était en France alors que ses homologues étaient ici à l’intérieur du pays ?

Je voudrais rappeler d’abord que le ministre délégué à la présidence chargé de la défense nationale a été à l’intérieur du pays au même titre que les autres ministres. Il a fait la Guinée Forestière, où il a sillonné toutes les casernes relevant de cette région. Il a fait la Haute Guinée où il a fait la même chose. Il a été en Moyenne Guinée. C’est à la fin d la semaine dernière que, sur instructions du président de la transition, qu’il a rejoint Conakry pour pouvoir participer à l’Eurosatory. Je voudrais rappeler ici que l’Eurosatory est un évènement biannuel, en quelque sorte une exposition aéronautique qui se fait en France. C’est l’occasion pour la France d’inviter les ministres de la défense des pays de par le monde, de même que les chefs d’Etat-major des armées. Donc, c’est une invitation qui avait été adressée des mois, bien avant l’immersion dans le pays. Et l’accord de principe avait été donné concernant la participation du ministre à cet événement. Donc, sa participation s’inscrit dans ce cadre. Et ceux qui ont des images de cette rencontre pour prétexter l’existence des négociations en vue de la création d’une étrangère, c’est totalement infondé. Il s’agit d’une simple publication du chef d’Etat-major général des armées françaises à l’issue de la rencontre, comme il l’a fait d’ailleurs avec plusieurs autres délégations. Il a voulu partager ça. Cela ne signifie en rien, en aucune façon, une quelconque volonté d’implantation ou de la création d’une base étrangère sur le territoire de la Guinée. Que le peuple de Guinée vaque librement à ses occupations et qu’il se prémunisse. Ce n’est pas la première campagne d’intoxication. Il y en aura plusieurs. Mais le peuple reste serein. C’est pourquoi le président de la transition m’a envoyé pour dire au peuple de Guinée que c’est faux, c’est infondé. Ça n’a été pensé et ça ne sera jamais au cours de cette transition.

Monsieur le Chef d’État-major général des armées, dans ce studio même, nous avons lu un communiqué qui invitait les militaires à rester dans les casernes. Quelles sont les précisions que vous pouvez apporter par rapport à ça ?

En fait, il n’y avait rien de nouveau. C’était un simple rappel des dispositions statutaires des militaires. Comme vous le savez, c’est à la fois un honneur et un sacerdoce. Le commandant d’unité à qui une parcelle de responsabilité a été attribuée pour la défense, pour le faire, il doit avoir ses hommes à sa disposition. Comment comprendre qu’un militaire qui est en service à Lola ou à Dabola puisse vivre à Conakry ? C’est après avoir constaté tout cela et sur les instructions du Chef Suprême des armées que j’ai fait ce communiqué pour rappeler tous les militaires qu’aucun militaire ne peut être loin de sa garnison. Chacun doit être dans sa garnison sous les ordres de son chef pour parer à toute éventualité. Ce n’est qu’un simple rappel. Il n’y a rien de nouveau.

Ceci m’amène à vous poser cette question. Depuis le 5 septembre 2021, quelles sont les réformes que vous avez engagées ?

Tout d’abord, je voudrais commencer par remercier mes prédécesseurs. La vie d’une nation, c’est une continuité. Depuis le 5 septembre, le président de la transition a ouvert de vastes chantiers sans bruit, mais au fond, les effets sont palpables aujourd’hui. Sans prétendre exposer tout ici, vous me permettrez quand-même d’illustrer par quelques cas concrets. Je vais commencer d’abord par la mise à la retraite de près d’un millier de personnes qui sont appelées à faire valoir leur retraite, conformément à nos textes, conformément à l’ancienneté ou à l’âge requis. Mais la particularité, c’est que, les retraites ont été faites dans l’honneur et la reconnaissance de tous les efforts qui ont été fournis pour la défense de ce pays. A part ça, il y a eu un autre événement qui a impacté la vie des militaires qui est très positif. C’est la suppression du ravitaillement militaire. A cause de ce ravitaillement militaire, les militaires étaient privés de beaucoup de choses parmi lesquelles l’accès aux prêts bancaires. Donc, la suppression de ce ravitaillement militaire permet aux militaires, à l’issue des réformes qui vont commencer bientôt, d’avoir accès aux prêts bancaires et de profiter de plein de choses que les banques offrent sans compter l’augmentation significative qui en a résulté et plein d’autres choses concernant les accessoires de solde. Ensuite, il y a d’autres réformes qui sont en cours, notamment liées à la maîtrise des effectifs et à l’amélioration des conditions de vie des militaires. Si vous constatez tous les chantiers en construction dans les garnisons qui étaient en souffrance depuis 2009-2010, ces chantiers sont aujourd’hui en phase avancée grâce à la volonté du président de la transition. Ces infrastructures, une fois terminées, vont permettre aux militaires de vivre dans les casernes et dans des conditions de travail assez descentes. Donc, ce sont quelques- unes des réformes parmi tant d’autres qui ont été menées sans bruit, sans fanfare mais qui ont sérieusement impacté la vie des militaires et qui le feront encore dans les prochaines années.

Comment percevez-vous la vie entre les civils et les militaires ?

Je voudrais vous signaler qu’à ma prise de fonction, l’une des recommandations que le chef suprême des armées m’a faites, c’était l’amélioration des relations civilo-militaires. Il faut le dire sans aucune modestie, que beaucoup d’efforts ont été faits dans ce sens par mon prédécesseur et toute son équipe. Donc, le président m’a instruit d’intensifier cela. Pourquoi ? Parce que l’armée n’émane que du peuple. Les missions que nous accompagnons, nous les faisons dans le peuple. Plus le peuple nous soutient, plus nous serons en mesure de réaliser nos missions. On est là uniquement que pour défendre le peuple et ses biens. À cela s’ajoute une dimension sécuritaire. Tout le monde sait qu’aujourd’hui que les menaces auxquelles nous faisons face, sont des menaces asymétriques, ce sont des menaces transfrontalières. Donc, les combats pour les prochaines décennies seront beaucoup plus dans les villes. C’est ce qui veut dire que toute opération que vous allez mener dans les villes, il faut l’adhésion des populations, si vous voulez réussir. Donc, c’est pourquoi les relations civilo-militaires sont une composante essentielle du commandement aujourd’hui.

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