Evaluer son intelligence émotionnelle avec un test de QE (quotient émotionnel) basé sur la science

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Evaluer son intelligence émotionnelle avec un test de QE (quotient émotionnel) basé sur la science
Evaluer son intelligence émotionnelle avec un test de QE (quotient émotionnel) basé sur la science

Africa-Press – Guinée. Vous venez de trébucher dans la rue. Votre cœur bat plus fort, le sang vous monte à la tête… Quelle est cette émotion que vous ressentez ? Honte, peur, colère, tristesse, joie, les nuances qui animent nos organismes et orchestrent nos réactions sociales sont subtiles. En société, dans un contexte professionnel comme personnel, savoir les reconnaître et les gérer est donc plus qu’un avantage, c’est une compétence essentielle.

Pour connaître le chemin qu’il nous reste à parcourir, un seul moyen: se tester. Mais si les tests de QI (quotient intellectuel) sont établis depuis longtemps, les tests de QE (quotient émotionnel) ont historiquement souffert d’une objectivité controversée. C’est à ce problème que se sont attaqués les créateurs du test QEg, dont les questions et les résultats se basent uniquement sur les données de la science. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Psychology.

Evaluer l’intelligence émotionnelle avec la même fiabilité que le QI, un défi

“Aujourd’hui, avec plus de 40 ans de recul et d’études sur les émotions, la littérature scientifique peut nous fournir des réponses”, affirme la docteure en psychologie spécialiste des émotions Lisa Bellinghausen, co-créatrice du test QEg et co-autrice de la publication. Jusqu’à présent, les tests évaluant l’intelligence émotionnelle, ou le quotient émotionnel, restaient fragiles scientifiquement en raison de leur interprétation subjective.

Un des premiers, et des plus connus, le MSCEIT, montrait par exemple un visage pour en déduire l’émotion ressentie. Mais comment définir la bonne réponse lorsque l’expression est plus complexe que la simple tristesse, joie ou dégoût ? Les concepteurs du test avaient à l’époque opté pour un consensus d’experts, mais tous n’étaient pas d’accord. D’autres tests ont fait le choix de considérer que la réponse la plus souvent donnée par les sujets testés était la bonne.

QEg, un test mesurant le quotient émotionnel dédié au public français

Le nouveau test QEg cherche à s’extraire de ce problème épineux en ne posant que des questions dont la réponse a été clairement démontrée dans la littérature scientifique. “On a par exemple démontré qu’il était plus efficace pour retrouver un objet de se remettre dans l’état émotionnel dans lequel on était lorsqu’on l’a perdu”, illustre Lisa Bellinghausen. Une personne avec une bonne gestion de ses émotions aura donc probablement ce réflexe. De même, la recherche démontre l’importance d’une bonne maîtrise de la chronologie émotionnelle. “Les états émotionnels se succèdent par paliers d’intensité s’ils ne sont pas régulés”, explique Christophe Haag, professeur à l’EMLyon business school, chercheur en psychologie sociale et co-créateur du test QEg. Savoir reconnaître la tristesse comme un précurseur du désespoir permet ainsi de mieux gérer l’évolution de son ressenti.

D’une durée d’environ 25 minutes et pour un peu moins d’une centaine d’euros, le test QEg se fait entièrement en ligne et évalue trois grands blocs de compétences liés aux émotions. D’abord la capacité à identifier l’émotion ressentie, puis la comprendre dans son intensité et son utilité, et enfin la réguler en fonction de la situation. “Des études ont montré que bien identifier ses propres émotions était prédictif de la capacité à les reconnaître chez les autres”, explique Christophe Haag. L’intelligence émotionnelle permet par exemple de reconnaître que la gorge serrée, le cœur qui tambourine et les yeux qui chauffent signalent non seulement la tristesse, mais même une forme de désespoir qui, si on le laisse s’évacuer dans un cadre rassurant et sûr, permettra de faire baisser la pression et de continuer à fonctionner.

“L’intelligence émotionnelle, les études de neurosciences le montrent, permet d’activer d’autres zones du cerveau pour appliquer un traitement intelligent à l’émotion: comment je dois la modifier, la faire durer ou non pour être dans le meilleur état émotionnel”, détaille Lisa Bellinghausen. “Nous avons une vision très subjective des émotions. Mais les théories scientifiques montrent qu’elles ne sont pas qu’une réaction corporelle mais aussi un processus d’évaluation de la situation”, confirme Donald Glowinski, professeur ordinaire à l’Institut et Haute Ecole de la Santé – La Source (Lausanne, Suisse), directeur du programme “Compétences émotionnelles” de l’Université de Genève et qui n’a pas participé à ces travaux.

Un meilleur quotient émotionnel pour une meilleure santé physique et mentale

Les enjeux d’une bonne intelligence émotionnelle sont clairs. “Les compétences émotionnelles permettent d’augmenter à la fois le bien-être, la qualité relationnelle et la performance dans une situation donnée, personnelle ou professionnelle”, révèle Lisa Bellinghausen. “Moins de stress, moins de maux de tête, de dos, un meilleur sommeil, une meilleure relation avec l’autre, votre conjoint, vos enfants, une meilleure employabilité, une meilleure santé physique et mentale, une meilleure prise de décisions et au final une plus grande satisfaction de vie, tout cela est décrit dans la littérature scientifique comme lié à un bon quotient émotionnel”, énumère Christophe Haag.

Le test QEg permet d’évaluer sept sous dimensions de la compétence émotionnelle dont les scores sont comparés à la moyenne de la population ayant passé le test, uniquement française et donc culturellement adaptée. Ainsi, tout comme M. Jourdain découvre dans Le Bourgeois Gentilhomme de Molière qu’il pratique la prose sans le savoir depuis toujours, le test peut révéler des compétences émotionnelles que vous possédez déjà, illustre Donald Glowinski avec humour. “Certaines personnes sont qualifiées d’hypersensibles et en déduisent qu’elles doivent étouffer leur ressenti. Mais la notion de compétence vous dit que ce n’est peut-être pas une sensibilité sur laquelle vous n’avez pas de prise, mais une compétence et une faculté d’observation sur laquelle vous pouvez capitaliser.”

Améliorer ses compétences émotionnelles

Les résultats du test QEg sont présentés sous forme d’un fichier PDF de 28 pages, aéré et illustré, incluant quelques clés d’interprétation des résultats et, surtout, d’amélioration. Car ces compétences émotionnelles, comme les autres, se travaillent. “Ce qui est intéressant avec ce test, c’est qu’il propose des pistes et des stratégies pour s’améliorer”, réagit Donald Glowinski. Spécialisé dans l’évaluation et l’accompagnement des compétences émotionnelles dans le cadre professionnel, il insiste sur l’importance de ne pas s’arrêter au score donné par le test que l’on passe, que ce soit le QEg, sa version professionnelle QEPro dont il est la déclinaison ou l’équivalent suisse de ce dernier, le GECo.

“Il faut ensuite en faire quelque chose de façon à ce qu’on ne s’enferme pas dans ces normes.” De nombreux tests de personnalité passés dans un contexte privé ou, surtout, professionnel, catégorisent en effet les sujets en fonction d’une couleur ou d’un profil type. Mais l’enjeu principal est d’éviter l’effet horoscope et de ne pas s’arrêter au résultat du test.

Car de la même manière qu’il existe une plasticité cérébrale, qui permet au cerveau de sans cesse adapter ses connexions neuronales à l’usage que l’on en a, les scientifiques ont également identifié une plasticité émotionnelle. Des séances de formation spécialisées dans les émotions permettent à ceux qui le souhaitent d’améliorer leur score de quotient émotionnel. “J’ai moi-même créé une école de l’intelligence émotionnelle, la Qualia Emotion Institute, qui forme différents professionnels à accompagner les personnes qui le souhaitent et qui accompagne les personnes qui nous contactent”, complète Lisa Bellinghausen.

Pour Donald Glowinski dont c’est l’activité principale, la mise en situation au travers de séances s’appuyant sur des jeux de rôles est ce qu’il y a de plus efficace. “Les compétences émotionnelles n’ont de sens que par rapport à une expertise et un contexte particulier, il faut donc personnaliser l’approche et éviter les recettes magiques”, explique-t-il. “On peut obtenir de premiers résultats concrets après une simple séance d’une heure, sous réserve d’ensuite fixer, engrammer les acquis dans son comportement au quotidien.”

“Notre test n’est pas un test de personnalité, ni un outil magique qui va faire que demain vous saurez gérer votre stress tout de suite”, tempère ainsi Lisa Bellinghausen, rappelant que le QEg doit être prise comme un point de départ vers une progression. “Nous sommes au début de quelque chose de très intéressant”, conclut Christophe Haag. Avec comme prochain objectif de creuser le lien entre l’intelligence émotionnelle et la performance scolaire chez les étudiants.

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