Crise sanitaire : Le secteur culturel derrière les rideaux

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Crise sanitaire : Le secteur culturel derrière les rideaux
Crise sanitaire : Le secteur culturel derrière les rideaux

Africa-Press – Madagascar. Le retour en force de la pandémie de Covid-19 sur la Grande-île est un vrai coup de massue pour le secteur culturel. Cette imminente troisième vague donne des sueurs froides autant aux artistes qu’aux promoteurs culturels. Néanmoins, ces derniers, toujours débordants d’imaginations, trouvent le moyen de continuer à faire de l’art en ces périodes troubles.

Une des qualités des artistes, c’est qu’ils sont inventifs et savent s’adapter à chaque situation. Pour Haridio Randriamanantsoa de Buskers Madagascar: « Il faut s’adapter. Pour l’instant, nous allons essayer avec les artistes (avec qui je travaille) de nous concentrer davantage sur la création de produits ». En effet, il est vrai que si se retrouver sur scène est délicat actuellement, rien n’empêche les artistes de travailler sur leurs œuvres et de les distribuer en ligne. D’ailleurs, cette pratique avait déjà porté ses fruits durant la première vague de confinement, au début de la pandémie. Du côté des promoteurs culturels, Noah Raoelina de Lamba 1 annonce en toute décontraction que la période est propice à la préparation.

Créer pour qui ?

Le travail d’un peintre nécessite l’achat de fournitures. Une somme qui risque de ne jamais lui revenir si le public n’est pas en mesure d’acheter l’œuvre, ou même d’y accéder. Les chanteurs enregistrent également dans des studios à leurs frais, s’ils n’ont signé chez aucun label. Si la musique peut être distribuée gratuitement en ligne, le principal revenu du chanteur indépendant reste la scène. Il est vrai qu’il est possible de commercialiser des chansons sur Internet, mais cette méthode n’est pas encore très en vogue à Madagascar et le commerce en ligne demeure inaccessible pour bon nombre d’artistes émergents. La durée de la crise sanitaire sera déterminante pour l’avenir de beaucoup d’artistes indépendants. S’ils peuvent pour l’instant travailler, rien ne garantit qu’ils puissent continuer si la consommation ne suit pas la création. Fort heureusement pour une partie d’entre eux, ils ont un deuxième emploi et ne consacrent que leur temps libre à l’art. Jusqu’à preuve du contraire, on ne peut uniquement vivre d’art et d’eau fraîche à Madagascar.

Les attentes dans le secteur culturel sont une nouvelle fois nombreuses pour cette année 2022. Mashmanjaka estime l’importance de l’inclusion et de la considération, c’est-à-dire que pour lui, tous les acteurs doivent être sur le même pied d’égalité et bénéficier du droit et privilège d’être vu et valorisé sur les mêmes plateformes. D’un autre côté, ils attendent tous aussi la professionnalisation du métier d’artistes, en quelque sorte un statut légal permettant d’exercer en tant que professionnel. Le ministère entreprend déjà des efforts pour aller dans ce sens, mais comme l’a dit le président de la République lors de son intervention télévisée : « une vraie émergence demande du temps » [et de beaucoup d’engagements, Ndlr]. Maintenant, il faut attendre de voir comment évolue la situation, seul le temps nous le dira.

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