Africa-Press – Madagascar. Le Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars destiné au « Projet multimodal de transport et de logistique », une initiative visant à moderniser les principaux infrastructures de transport et de logistique le long des principaux corridors économiques du pays.
L’un des axes majeurs du projet concerne la réhabilitation du chemin de fer Tananarive–Côte Est (TCE), une ligne emblématique de 371 kilomètres reliant Antananarivo, au port de Toamasina, principal hub maritime du pays. Parallèlement, la construction d’un port sec et d’une plateforme logistique aux abords de la capitale devrait permettre de désengorger les infrastructures portuaires et fluidifier la circulation des marchandises entre la côte et l’intérieur du pays.
Dans les secteurs maritime et fluvial, le projet appuiera la réhabilitation des ports de Majunga, au nord-ouest, et de Tuléar, au sud-ouest, notamment par la remise en état des quais, des infrastructures d’accès et des équipements essentiels. Le projet prévoit également la réouverture et la réhabilitation d’environ 200?kilomètres du canal des Pangalanes, sur la côte est, grâce à des dragages ciblés, à la protection des berges et à l’installation d’aides modernes à la navigation. Il contribuera ainsi à restaurer une voie fluviale essentielle reliant des communautés côtières isolées et à promouvoir un mode de transport résilient face aux changements climatiques.
Dans le secteur aérien, des investissements sont prévus dans les aéroports régionaux de Toamasina, Fort-Dauphin et Tuléar afin d’améliorer la sécurité, la sûreté et la résilience face aux aléas climatiques. Ces infrastructures joueront un rôle clé pour maintenir la connectivité du territoire, notamment lors des interventions d’urgence.
Au total, près de 3,8 millions de personnes devraient bénéficier directement de ce programme. Les populations vivant le long du corridor ferroviaire nord profiteront d’un transport de marchandises plus efficace, tandis que les communautés côtières verront leur accès aux marchés considérablement amélioré.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie de développement à long terme. « L’amélioration des transports est une priorité nationale pour Madagascar. La faible connectivité demeure un frein majeur à l’emploi et à la croissance économique », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Hery Ramiarison. Il souligne que cette initiative contribuera à réduire l’isolement des régions et à renforcer la cohésion sociale.
Même son de cloche du côté de la Banque mondiale. « Les Malgaches méritent un système de transport qui fonctionne pour eux, et non un système qui cède à chaque cyclone », a affirmé Atou Seck, représentant de l’institution à Madagascar. Il insiste sur l’importance d’un réseau intégré et résilient pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement et soutenir l’activité économique.
Au-delà des infrastructures, le projet met l’accent sur la réforme du secteur, notamment à travers le renforcement des capacités institutionnelles et l’amélioration de la gouvernance. L’objectif est d’assurer la durabilité des investissements et d’encourager une plus grande participation du secteur privé.
Ce programme vient compléter d’autres initiatives en cours dans le secteur routier, portant à 1,1 milliard de dollars l’engagement total du Groupe de la Banque mondiale dans les infrastructures de transport à Madagascar. Il bénéficie également d’un cofinancement de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB).





