Coronavirus : enquête sur les « médicaments injectables » d’Andry Rajoelina

Coronavirus : enquête sur les « médicaments injectables » d’Andry Rajoelina
Coronavirus : enquête sur les « médicaments injectables » d’Andry Rajoelina

Africa-PressMadagascar. Selon le président malgache, deux « médicaments injectables » contre le coronavirus font l’objet d’essais cliniques. JA a enquêté… Mais quels sont donc les mystérieux médicaments qu’Andry Rajoelina entend maintenant tester ? Selon les informations qu’a obtenues Jeune Afrique, les deux substances en question sont l’artésunate, un dérivé de l’artemisia (déjà présente dans la tisane Covid-Organics, présentée par le président comme un remède « préventif et curatif »), et la vitamine C. Un document qui résume le protocole d’essai clinique, mis en ligne sur le site du Pan African Clinical Trials Registry (PACTR), le confirme. L’essai vise à « évaluer l’efficacité de l’artésunate IV seul ou combiné avec de la vitamine C IV pour le traitement du Covid-19 ».

L’artésunate serait bien administrée sous forme d’injection intraveineuse, de même que la vitamine C, et ce pendant sept jours. L’échantillon de test compte soixante personnes âgées de 18 à 70 ans, positives au Covid-19 et présentant des symptômes modérés. Elles seraient réparties en trois groupes : l’un recevra un placebo ; un autre de l’artésunate seule ; le dernier de l’artésunate combiné à de la vitamine C.

Les volontaires pour les tests se trouvent dans un lieu spécialement aménagé, appelé le « village Voara », situé près de l’hôpital Andohatapenaka, à Antananarivo. Le financement est assuré par l’État malgache, mais son montant n’a pas été dévoilé. Le même document précise que les essais ont été « enregistrés conformément aux normes de l’OMS et de l’ICMJE [Comité international des éditeurs de revues médicales] ». Contactée par Jeune Afrique, Rinah Rakotomanga, la directrice de communication de la présidence malgache, confirme : « Nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe scientifique de l’OMS. L’essai est en cours. »

Toujours selon nos informations, les autorités malgaches travaillent notamment en collaboration avec la clinique privée An Oasis of Healing, qui se trouve à Mesa, en Arizona (États-Unis), et qui est spécialisée dans les thérapies alternatives pour traiter le cancer.

Son fondateur, le docteur Thomas Lodi, installé en Thaïlande, participe aux recherches avec Madagascar. Diplômé en médecine conventionnelle, il promeut les thérapies alternatives de lutte contre le cancer et pratique aussi l’homéopathie et l’allopathie depuis plus de dix ans. Son confrère, Nathan Goodyear, également diplômé de médecine conventionnelle et directeur médical au sein d’An Oasis of Healing, développe lui aussi depuis une dizaine d’années des thérapies alternatives.

Contre la malaria et le cancer « L’artésunate est un dérivé de l’artémisinine, qui est elle-même l’un des principes actifs de la plante d’artemisia, détaille Goodyear à JA. L’association de ces deux substances pour créer des thérapies n’est pas nouvelle. On l’utilise déjà contre la malaria et le cancer, mais nous faisons aujourd’hui des recherches pour les utiliser contre le coronavirus. »

En outre, explique Nathan Goodyear, « l’artésunate et la vitamine C produisent, lorsqu’elles sont ensemble, un effet calmant sur certaines parties du système immunitaire mais aussi un effet stimulant sur d’autres parties – et elles ont aussi une forte activité antivirale ».

Les autres chercheurs impliqués, selon le document d’essais cliniques, sont les Mauriciens Dhanjay Jhurry et Archana Bhaw-Luximon. À Madagascar, c’est le professeur Luc Rakotovao qui coordonne l’étude. Il est l’un des promoteurs du Covid-Organics depuis la fin du mois d’avril. L’Institut malgache de recherches appliquées (Imra), qui avait développé le Covid-Organics, n’est cette fois-ci pas impliqué dans les recherches.

Comme le président malgache, Andry Rajoelina, l’expliquait le 20 mai devant le directeur général de l’OMS, Tedros Ghebreyesus, ce médicament injectable constituerait un troisième protocole de soins dans la Grande Île, en complément du premier, à base d’hydroxychloroquine, et du second, à base de Covid-Organics.

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