Naufrage Francia III : Quid de la responsabilité de l’APMF ?

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Naufrage Francia III : Quid de la responsabilité de l’APMF ?
Naufrage Francia III : Quid de la responsabilité de l’APMF ?

Africa-Press – Madagascar. Est-il réellement nécessaire d’étouffer une enquête administrative dans le cadre de ce naufrage qui a provoqué la mort de plus de 80 personnes, un drame inédit dans le pays ?

Les résultats de l’enquête menée dans le cadre du naufrage de MS Francia III à Soanierana Ivongo en décembre dernier sont très attendus. Depuis les fêtes, les suites à donner à cette affaire qui a tué, rappelons-le, plus de 80 personnes, deviennent de plus en plus discrètes. Les corps des autres toujours portés disparus ont-ils été finalement retrouvés ou non ? Les responsabilités des différents niveaux de décideurs en matière de transport maritime dans le cadre de cette affaire sont-elles déterminées ou non ? Jusqu’à présent, beaucoup de zones d’ombre planent encore derrière ce naufrage, qui, pourtant, devrait être saisi comme une opportunité afin d’échafauder les problématiques liés au secteur du transport en général, et pour lutter contre le transport clandestin en zone maritime, en particulier. Mais, les responsables semblent être encore ailleurs. Alors que la transparence de l’enquête est réclamée.

Préoccupant.

Ces dernières années, les problématiques liées à la sécurité dans le secteur des transports se sont amplifiées. Sur un constat global, ces points révèlent que la défaillance technique, le manque de rigueur, et surtout le laxisme, de certains responsables au sein du ministère en charge des Transports atteignent un niveau préoccupant quant à la gestion des pratiques liées à la sûreté et la sécurité. Le ministère des Transports et de ses organismes rattachés ont pour mission première d’assurer l’organisation harmonieuse du secteur en assurant notamment la sécurité et la sûreté des usagers, des opérateurs respectifs ainsi que de leurs biens. A cet effet, pour le cas du dernier naufrage au large de Soanierana Ivongo, il importe de définir la responsabilité du représentant local de l’agence portuaire, maritime et fluviale (APMF). Tout comme celle de la Direction générale de cette agence qui est aux premières loges pour les missions de sûreté et de sécurité maritime à Madagascar. La responsabilité du Secrétariat général du ministère des Transports, lequel assure la coordination des activités du département, devrait être également déterminée. Sans pour autant parler de différents responsables au niveau local qui, aussi, n’auraient jamais levé le petit doigt pour mettre fin au transport clandestin sur mer dans cette partie Est de l’île. Pourtant, le général de corps d’armée Serge Gellé a bien affirmé, le 24 décembre dernier, que cette activité existe bel et bien dans cette zone, et ce depuis un certain temps.

Intentions.

Le naufrage de Francia III a donc fait plus de 80 morts, mais l’intervention tardive du Secrétaire général du ministère des Transports, quelques jours après le drame, a étonné les observateurs avec ses déclarations d’intentions notamment le « renforcement des mesures de sécurité, la révision des normes de sécurité maritime, ou le renforcement du contrôle de navires circulant dans les eaux territoriales malgaches, particulièrement ceux qui sont habilités à transporter des passagers ». Si de telles mesures avaient été déjà appliquées avec rigueur, et en amont, les dégâts auraient pu être minimisés, et le drame évité.

Opérationnelle.

MS Francia III n’était pas autorisé à embarquer des passagers, alors que c’était bien le cas avec plus de 130 personnes à bord. Le petit port d’Antanambe, point de départ du Francia III avant l’accident, n’est pas loin de celui de Mananara Nord où l’APMF est représentée, où elle est donc opérationnelle en tout temps et en tout lieu. Cette agence, sous la tutelle du Secrétariat général du ministère des Transports, est celle qui est chargée de la sûreté et de la sécurité des activités maritimes et fluviales dans tout le pays. Elle est ainsi tenue d’être au courant de tous les mouvements des navires. Et le Secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie, Serge Gellé, a affirmé, le 24 décembre dernier sur une chaîne privée locale, qu’« il est impossible que personne n’ait vu le départ de Francia III ».

Chaîne de sécurité.

Par quel miracle, Francia III a-t-il alors pu quitter le port avec ses centaines de passagers à bord ? L’APMF ne devrait-elle pas signaler des anomalies afin d’empêcher l’embarquement de passagers sur ce navire, qui a été, toutefois, enclenché. Et quand le naufrage a eu lieu et s’ébruite, le Premier ministre, le ministre de la Défense Nationale ainsi que le secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie, ont été parmi les premiers responsables qui sont arrivés sur les lieux de l’accident, bien avant même que les hauts dignitaires de l’APMF. Or, une agence de la même trempe plante ses racines afin que les accidents puissent être évités et que la chaîne de sécurité et de sûreté ne soit rompue à aucun niveau dans l’exploitation des transports ouverts au public et aux exploitants privés. En plus, il est à savoir que l’APMF dispose gratuitement depuis le début de l’année 2020 de système d’identification automatique de navire (AIS), au nombre de 850 modules, selon de sources concordantes, que l’agence devrait installer sur tous les navires qui n’en disposent pas encore afin de les localiser en permanence, mais, il semble que ce matériel est encore stocké et inutilisé à l’APMF.

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