Procès « Apollo 21 » : Cinq principaux accusés

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Procès « Apollo 21 » : Cinq principaux accusés
Procès « Apollo 21 » : Cinq principaux accusés

Africa-Press – Madagascar. Une seconde partie du procès sur l’affaire Apollo 21 qui a voulu renverser l’actuel régime aura lieu aujourd’hui. Les cinq généraux mouillés dans ce projet trouble ont comparu en chair et en os, hier à Anosy.

Comme prévu, la première audience publique de l’affaire dite Apollo 21 a eu lieu, hier, au Palais de la Justice d’Anosy. Cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre, a attiré l’attention des observateurs qui y voient une menace contre le pouvoir en place. Association de malfaiteurs, tentative d’assassinat du président de la République, tentative de renversement du gouvernement, port illégal d’armes, tels sont, d’ailleurs, les accusations qui entourent l’affaire Apollo 21 et pèsent sur les vingt personnes qui ont comparu, hier, devant la barre. L’audience a débuté vers 10h et entame la lecture des actes d’accusation jusqu’en milieu d’après-midi.

Note de renseignement.

En effet, les projecteurs sont braqués principalement sur Paul Rafanoharana, qui est accusé d’être le principal instigateur du projet « Apollo 21 ». Une note de renseignement qui a atterri sur la table de la direction de la police judiciaire en juillet dernier a déclenché la chasse. Cette fameuse note souligne l’existence d’un groupe de personnes qui vise à déstabiliser le régime, dont le siège est à Ambohitrarahaba, qui n’est autre que le domicile de Rafanoharana. De la conception du projet, au réseautage, ainsi qu’à la quête de financement qui a été estimé par ce dernier à hauteur de 10 millions d’euros, l’ancien officier Saint-Cyrien est placé aux premières loges des accusés dans cette affaire. À ses côtés se trouvent aussi, l’ancien colonel de l’armée française, Philippe François, l’ancien Premier ministre de Didier Ratsiraka, Victor Ramahatra, l’ancien employé de la Banque centrale et soutien de Jean Louis Robinson lors de la présidentielle de 2013, Aina Razafindrakoto, ainsi que l’artiste engagé Sareraka, constituent le premier cercle dans lequel Rafanoharana a partagé son projet Apollo 21.

Les débats vont débuter aujourd’hui, sauf changement, pour aborder le fond de l’affaire devant le tribunal. La défense, hier, a soulevé des exceptions lors de l’audience à Anosy. La violation du principe de présomption d’innocence, du secret de l’instruction ainsi que du droit à la défense est évoquée par l’escouade d’avocats assurant la défense des accusés dans cette affaire. Les interventions médiatiques de certains responsables politiques sur cette affaire n’ont pas été appréciées par la défense qui y voient alors une « pression » qui pèse sur la justice dans le cadre de cette affaire.

Ordre de mission.

La lecture durant l’audience des actes d’accusations ont permis de savoir ainsi que l’ancien colonel français, Philippe François, s’est permis de payer les services de quelques éléments du Groupement de sécurité et d’intervention spécialisée de la gendarmerie nationale durant une partie de son séjour à Madagascar. Ces gendarmes sont interpellés dans le cadre de cette affaire « Apollo 21 ». Le statut d’« opérateur économique » de cet ancien officier de l’armée française lui aurait permis de bénéficier de la protection rapprochée de ces éléments armés du GSIS. Sauf que la démarche n’a aucun caractère officiel. L’affectation aurait été conclue, sait-on, entre le Français et un officier chef d’unité du GSIS qui a donc dépêché ses éléments, sans ordre de mission ni décision d’affectation en bonne et due forme. Ces derniers qui sont alors engagés en « service externe » auprès de Philippe François sont alors payés par ce dernier aux environs de 400 000 ariary mensuel, à part leur salaire de fonctionnaire de l’Etat. Alors qu’auprès d’un opérateur « karana » connu, à entendre les accusations lues hier à Anosy, leurs services rapprochés seraient payés à hauteur de 1 million d’ariary. Aussi, les éléments en « service externe » auraient cotisé, en guise de contrepartie, près de 100 000 ariary auprès de leur supérieur hiérarchique direct.

Rija R.

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