Le cacao en plein essor dans la grande île

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Le cacao en plein essor dans la grande île
Le cacao en plein essor dans la grande île

Africa-Press – Madagascar. Le cacao malgache sera représenté à Paris lors du Salon du chocolat qui s’ouvre aujourd’hui. La filière est en plein essor dans la Grande île où la production a doublé en cinq ans.

Des chiffres en forte progression. Il y a quelques jours, le ministère de l’Industrie s’est félicité de la belle santé du cacao malgache au vu de la forte hausse des exportations. En 2021, près de 15 000 tonnes de fèves ont été vendues à l’étranger, soit presque le double de la quantité exportée il y a cinq ans. À la vente, cela représente environ 25 millions de dollars US, d’après les chiffres officiels.

Les acteurs du secteur traduisent cette forte progression par une structuration de la filière grâce notamment à un programme porté par la Banque mondiale depuis 2015, un des projets de pôle de croissance intégré (PCI) de l’institution.

De petits producteurs ont par exemple suivi des formations prodiguées par des experts dans le but d’améliorer leurs rendements. « Le projet entend augmenter la valeur des exportations de cacao à 35 millions de dollars et accroître, dans le même temps, les revenus des bénéficiaires d’au moins 25 % », explique l’institution. « Une dizaine de conseillers travaillent avec les producteurs et les transformateurs pour améliorer le traitement des récoltes. » Les résultats seraient déjà supérieurs aux attentes.

Petits producteurs et coopératives

Parallèlement, un groupement des acteurs de la filière a vu le jour, conduisant à l’introduction de normes de contrôle plus poussées.

Et face à l’inertie des pouvoirs publics, c’est aussi la Banque mondiale qui a réglé les impayés malgaches auprès de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), permettant à la Grande île de réintégrer, il y a sept ans, le club des producteurs mondiaux, récupérant au passage un label « fin » censé désigner les fèves les plus aromatiques. En juin prochain, une réunion de cette instance se tiendra à Tana. À l’échelle mondiale, Madagascar se trouve encore très loin de la Côte d’Ivoire, premier producteur avec 2,2 millions de tonnes en 2021.

Implanté dans la Grande île à la fin du xixe siècle, le cacaoyer est cultivé essentiellement dans la région d’Ambanja, dans le nord-ouest du pays, et plus particulièrement dans la vallée de Sambirano. Les plantations sont réparties sur une vingtaine de communes encore enclavées et difficiles d’accès. Les pratiques dites durables, respectueuses de l’environnement, ainsi que l’agroforesterie y sont privilégiées.

« Un travail colossal de recherches génomiques et aromatiques a été effectué sur plus de 400 plants de cacao de la plantation Millot, à Andzavibe. L’étude a montré que le matériel génétique des cacaos de Madagascar est dominé par les amelonados et les criollos », précise l’EDBM (Economic developemnt board of Madagascar), l’organisme public en charge de promouvoir les investissements dans la Grande île. Il y a environ 30 000 producteurs de fèves de cacao sur l’ensemble du territoire, la majorité d’entre eux ne possédant qu’un hectare à peine. Le regroupement de ces petits cultivateurs au sein de coopératives a été facilité. L’UCLS (l’Union des coopératives lanzan’ny Sambirano) en rassemble par exemple une vingtaine, représentant neuf villages sur les 24 du district d’Ambanja.

30 000 producteurs

« Nous sommes 460 producteurs certifiés bio équitable », soutient l’un d’eux. « Nous avons réussi à augmenter nos prix. Nous vendons les fèves aux collecteurs à 11 000 ariary le kilo alors que d’habitude, ce prix se situe autour de 8 000 ariary », dit-il, soit environ 2,60 euros ou lieu de 1,90 euro. Les collecteurs travaillent le plus souvent pour de grandes sociétés qui se chargent de l’export, puis de la transformation du produit en chocolat, vendu ensuite en tablettes et autres barres chocolatées à travers la planète. À Madagascar, après la récolte des cabosses, il est procédé à l’écabossage des fèves qui sont ensuite soumises à un processus de fermentation avant d’être séchées et emballées pour l’export. L’essentiel de la production, plus des trois-quarts, est destiné à être écoulé à l’étranger, en Europe principalement (Belgique, Allemagne, Pays Bas…) mais aussi en Inde.

De grandes structures existent dans la région d’Ambanja, comme celles de la société Mana appartenant à la famille Ramanandraibe et qui emploie plus de 700 personnes sur des centaines d’hectares, ou encore la plantation Millot, détenue à 40 % par la société Valrhona.

L’EDBM se réjouit que le cacao malgache soit aujourd’hui apprécié des plus grands chocolatiers. « Des professionnels de renommée mondiale et surtout grands passionnés ont sublimé le cacao de la Grande île dans leurs chocolats » pour en faire un produit de qualité.

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