Recherche de vie sur Mars : sale temps pour les rovers !

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Recherche de vie sur Mars : sale temps pour les rovers !
Recherche de vie sur Mars : sale temps pour les rovers !

Africa-Press – Madagascar. C’est un résultat scientifique aussi décevant qu’instructif ! De ceux qui montrent combien la recherche de la vie dans l’univers est complexe et à quel point il est difficile de conclure en la matière. Y compris quand on parle de notre voisine : la planète rouge ! Lorsque des rovers comme Curiosity ou Perseverance sont envoyés sur Mars à la recherche d’indices de l’existence d’une vie ancienne en surface, ils traquent la matière organique et notamment les acides aminés, qui, bien que pouvant être d’origine abiotique (c’est-à-dire issus de réactions purement chimiques et absolument pas biologiques), sont largement utilisés par la vie terrestre comme briques de base des protéines.

Dans leur laboratoire du Goddard Space Flight Center de la Nasa à Greenbelt, dans le Maryland, une équipe de chercheurs américains emmenée par Alexander Anatolevich Pavlov a donc reproduit les conditions régnant à la surface de Mars, rayonnement cosmique compris, et y a soumis divers acides aminés mélangés – et c’est là l’originalité de la démarche – à des ersatz de sol martien contenant notamment des silicates secs ou hydratés et des sels de perchlorate. Or, ce qu’ils ont découvert n’est pas de bon augure pour les missions spatiales en cours.

Il apparaît en effet que ces composants très présents sur Mars amplifient les effets destructeurs du rayonnement cosmique de sorte que tout acide aminé présent à la surface de la planète rouge serait rapidement désintégré. Et ceci bien plus vite que ce que les spécialistes avaient imaginé jusqu’ici ! D’après les résultats de cette étude qui vient de faire l’objet d’une publication dans la revue scientifique Astrobiology, il apparaît que la recherche d’acides aminés dans les dix premiers centimètres sous la surface soit pratiquement une cause perdue. La piste des microcratères

Et ce n’est pas tout ! Car les rayons cosmiques ne s’arrêtent pas à la surface. Ils pénètrent dans le sol. Il faudrait ainsi forer à deux mètres de profondeur minimum pour avoir une chance d’en retrouver intacts. Ce qu’aucun rover en activité sur Mars n’est capable de faire. Les carottes que collecte patiemment Perseverance dans l’optique d’un retour d’échantillon de sol martien sur Terre n’excédant pas la taille d’une craie, soit environ 5 centimètres. « Or, à ces profondeurs, il ne faudrait que 20 millions d’années pour détruire complètement les acides aminés », estime l’auteur principal de l’étude. 20 millions d’années, cela peut paraître long mais, dans le contexte de la recherche de vie passée sur Mars, c’est très court, puisque les scientifiques traquent des traces vieilles de plusieurs milliards d’années, remontant à la période où la planète rouge était plus hospitalière.

Tout est-il donc perdu pour les précieux rovers explorateurs qui opèrent actuellement sur Mars ? Pas forcément. Les auteurs conseillent surtout de changer de stratégie : ces missions doivent cibler des affleurements récemment exposés, comme des microcratères, remontant à moins de 10 millions d’années ! Quant à la mission Exomars, compromise par la guerre en Ukraine puisqu’elle reposait sur un partenariat entre l’ESA et l’agence spatiale russe Roscosmos, cette nouvelle étude est une raison de plus de la regretter puisque son rover devait justement pouvoir forer jusqu’à environ deux mètres dans le sol de Mars.

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