Le DAMAGARAM, un État plein de patrimoines

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Rapporté par
Issoufou Tahirou Adamou

Africa-PressNiger. Le Sultanat de Damagaram fut fondé en 1731 (à Damagaram Takaya, Niger moderne) par des aristocrates musulmans Kanouri, dirigés par Mallam (r. 1736-1743). Damagaram était au début un état vassal de l’empire Kanem-Bornu en décomposition. Il sut rapidement conquérir les états vassaux du Bornu occidental compatriotes. Dans les années 1830, la petite bande de nobles et de fidèles de Bornu conquis le royaume de Myrria, les sultanats de Tsotsebaki (y compris Zinder). Au 19e siècle, Damagaram avait absorbé 18 états vassaux de Bornu dans la région.

Zinder est passé d’un petit village haoussa à un centre important du commerce transsaharien avec le déplacement de la capitale de Damagaram en 1736. La grande forteresse de la ville centrale du sud-est (Birni) a été construite peu de temps après, et est devenue une plaque tournante majeure pour le commerce au sud à travers Kano et à l’est jusqu’à Bornu. La ville haoussa et Zengou, sa banlieue touareg, se sont développées avec ce commerce.

Le DAMAGARAM possède beaucoup de sites et monuments historiques. Aujourd’hui avec le modernisme cette histoire et ces dirigeants légendaires comme le sultan Amadou Kouran Daga, le sultan Tanimoune… se voient évaporer dans le temps et dans l’espace. Comme disent les sociologues: ” Le temps change, et change tout ce qu’il contient, les hommes et leurs civilisations “, et que : ” tout se passe dans l’espace.” Le DAMAGARAM n’est pas épargné de ces avatars.

C’est pour faire barrière à ces derniers qu’une association a vu le jour. son président, LAMINOU Issaka Brah répond à ces interrogations :
Récemment vous avez créé une organisation pour la sauvegarde des patrimoines historiques de DAMAGARAM.
Quels sont les objectifs de cette association?
Création d’une nouvelle association pour la sauvegarde des patrimoines historiques du DAMAGARAM à Zinder.

l’État du DAMAGARAM fût l’un des États les plus puissants de l’espace nigérien et même de l’Afrique. Cet État devenu aujourd’hui (avec la colonisation et la création de la République du Niger) le cœur de la Région de Zinder comportant plusieurs États à savoir dont le l’État Tsotsé Baki de Mirriah, le Damergou de Tanout, Mounio de Gouré, le Daoura de Magaria. Le DAMAGARAM a marqué la période précoloniale et la période coloniale avec des sultans très puissants et une organisation sociopolitique, militaire et économique hors pair.

Le DAMAGARAM possède beaucoup de sites et monuments historiques. Aujourd’hui avec le modernisme cette histoire et ces dirigeants légendaires comme le sultan Amadou Kouran Daga, le sultan Tanimoune… se voient évaporer dans le temps et dans l’espace. Comme disent les sociologues: ” Le temps change, et change tout ce qu’il contient, les hommes et leurs civilisations “, et que : ” tout se passe dans l’espace “.

Le Président de l’association pour la sauvegarde des patrimoines historiques de Damagaram, Laminou Issaka Brah et Pr Camille Lefebvre

C’est dans ce contexte et pour promouvoir sauvegarder et valoriser le DAMAGARAM qu’une association pour la sauvegarde des patrimoines historiques de DAMAGARAM a été créé. Son président Laminou Issaka Brah répond dans l’interview qu’il a accordé à AFRICA PRESS:
Récemment vous avez créé une association, l’association pour la sauvegarde des patrimoines historiques du DAMAGARAM. Quels sont ses objectifs ?
Laminou Issaka : <<L’objectif de cette association est de Valoriser l’histoire de DAMAGARAM, reconstituer le patrimoine historique de DAMAGARAM et promouvoir et diffuser l’histoire de DAMAGARAM>>
Quels sont vos rapports avec le Sultanat ?
Laminou Issaka : << Le Sultan est le président d’honneur de cette association. Comme on parle du sultanat il faut les associer dans tout ce qu’on fait. Il met même des moyens logistiques à notre disposition et des Dogaris ( guerriers) pour nos activités et voyages.>>
Quels sont vos partenaires?
<<Pour le moment notre partenaire c’est la GIZ, mais nous avons également d’autres partenaires européens principalement français, allemands. Pour les partenaires français ce sont surtout des institutions françaises à savoir : le ministère français des affaires étrangères, la bibliothèque nationale de France, le Centre National de Recherche Scientifique (CNRS )… Nous travaillons avec la Professeur Camille Lefebvre qui est du CNRS…>>

Le Palais royale du Sultanat de DAMAGARAM

L’histoire du Damagaram ne peut se substituer de l’histoire des États surtout ceux du Nigeria, comme le Bornou, le Sokoto, le Gobir, le Daoura… Comment comptez-vous renouer des relations entre ces États à travers cette association ?
<<Nos relations avec les États du Nigeria sont très bonnes. Le Sultanat entretient des très bonnes relations avec toutes ces institutions et forcément nous avec. Déjà c’était un ancien bassin du Bornou. Nous avons des très bons rapports avec tous les Sultanats du Nigeria, l’État de Bornou, de Sokoto de Katsina, de Daoura… L’association a des relations de travail avec les historiens de tous ces États, ils viennent vers nous et on échange certaines vérités historiques. Donc on met les choses au point ensemble.
On va renouer ces relations, on va faire des visites de travail, on compte même faire des expositions de l’histoire de DAMAGARAM à Kano, et compte faire ça très bientôt. >>
Quels sont les sites et monuments historiques que vous allez réhabiliter?
<<Pour les sites nous allons reconstruire le domicile où résida l’explorateur allemand au service de l’Angleterre, Henritch Barth, nous sommes entrain de reprendre les travaux. Il y a le puit de Tchimma, c’est un puit historique aussi, c’est là où les guerriers du DAMAGARAM s’abreuvoient en potion magique. Il y a le monument de l’esclavage qui est entrain d’être réhabilité, mais le puit carrément on est entrain de le reprendre. Dans le palais du Sultan, il y a les cellules des prisonniers, les chambres des rênes, et la la réhabilitation du musée. Il y’a également une des portes de la Ville, avant la ville de DAMAGARAM était clôturée, c’est la porte de Dan Ladi du Nord-Est qui sera reconstruite.>>

Il est vrai que l’histoire du DAMAGARAM est connue de tous, mais aujourd’hui, la durée et la nouvelle orientation du monde font que la jeune génération ne s’intéresse pas trop à leur l’histoire. Il est alors important de faire revivre cette histoire pour les amener à s’y intéresser.

Pour rappel, l’État du DAMAGARAM était sous l’embargo de la France jusqu’à 2005. Les français ayant transféré la capitale de DAMAGARAM à Niamey en 1926 par crainte d’une révolte des haoussa, ont jusqu’à présent ce sentiment en eux. Même au Niger, le DAMAGARAM est considéré comme une ville aujourd’hui révolutionnaire. Comme en témoigne l’étude faite par l’Université de Zinder pour le compte de l’Etat pour comprendre les motivations de désobéissance aux ordres.

DAMAGARAM, devenu aujourd’hui le chefs-lieu de la Région de Zinder, est aussi connu comme redoutable en ce qui concerne la politique. Les politiques nigériens, à la quête des voix des électeurs se voient confronté à des difficultés à convaincre les populations zinderoise. Car ni l’argent ni la force ne peuvent être à la hauteur de leur dignité. Mais parallèlement cette population n’est pas aussi compliqué, l’ancien du Niger Président Tandja Mamadou avait seulement posé trois acte pour être le messi de cette population même devant l’imbattable Mahamane OUSMANE. Il s’agit seulement de la réalisation d’un château d’eau, de la raffinerie de Zinder et de la première édition de la fête tournante du 18 Décembre.

C’est dire donc que les Damagarawas ne sont si complexes que l’on peut imaginer. Mais malgré tout reste attaché à la dignité. Aujourd’hui, la population nigérienne étant estimée à plus de 20.000.000 d’habitants, la Région de Zinder est la première en terme de population et de taux de natalité. Il est encore plus réel de le croire, l’enjeu politique est aussi grand qu’il attiré l’attention de tous. C’est pourquoi on voit les politiques après la création des partis politiques ou l’accession au pouvoir cherchent à tout prix à avoir le DAMAGARAM.

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