Mathieu Olivier
Africa-Press – Niger. Le parti Russie unie de Vladimir Poutine organise, du 15 au 17 février, à Moscou, un « forum des partisans de la lutte contre les pratiques contemporaines du néocolonialisme ». Plusieurs délégations africaines ont fait le déplacement.
Empêtré en Ukraine, où la guerre qu’il a lancée en février 2022 s’éternise, le président russe, Vladimir Poutine, ne reste pas inactif pour autant sur le plan diplomatique. Ce 15 février, son parti, Russie unie, a lancé les activités d’un forum consacré à « la lutte contre les pratiques contemporaines du néocolonialisme ». Intitulé « Pour la liberté des nations », celui-ci doit durer deux jours.
Vers un mécanisme partisan international
Environ 200 représentants de partis politiques issus d’une cinquantaine de pays devaient prendre part à cette première édition, dont le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, lequel se rendra ensuite à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour assister au sommet de l’Union africaine (UA).
Une délégation sud-africaine est également sur place. Celle-ci est menée par un cadre du Congrès national africain (ANC) et ancien ministre de Jacob Zuma, Fikile Mbalula. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, est l’un des interlocuteurs réguliers de Vladimir Poutine depuis le déclenchement du conflit en Ukraine.
Lors de ce forum, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a prévu de plaider pour « la mise en place d’un mécanisme international permanent au sein duquel les forces politiques influentes de différents pays pourront prendre des mesures coordonnées pour lutter contre le néocolonialisme », a expliqué la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
« Libérer les États souverains »
Les organisateurs « recommandent de poursuivre les efforts visant à libérer les États souverains de l’héritage de la domination coloniale », a quant à lui déclaré Dmitri Medvedev, vice-président de la Russie, qui s’est entretenu ce 16 février avec Faustin-Archange Touadéra, un des plus proches alliés des Russes sur le continent.
Le président centrafricain a profité de son séjour à Moscou pour effectuer une visite du musée de la Grande Guerre patriotique – l’appellation russe de la Seconde Guerre mondiale. Il y était accompagné par l’un de ses proches, qui a fait office de traducteur: Dmitri Sytyi. Celui-ci est un des cadres du groupe de mercenaires Wagner à Bangui.
L’événement organisé par Moscou est d’ores et déjà au centre de polémiques. Le vice-président de la commission des affaires internationales du Conseil de la Fédération de Russie, Andreï Klimov, a ainsi dénoncé des menaces – dont un cas « dans un pays africain » – formulées par les États-Unis pour inciter les invités à ne pas se rendre en Russie.
« Ce forum est la suite logique de celui organisé entre la Russie et l’Afrique en juillet », explique un diplomate en poste en Afrique centrale. « Poutine joue la carte de l’affrontement entre deux blocs. » « C’est une manière de récupérer l’héritage de l’URSS, qui reste important en Afrique. Il ne faut pas sous-estimer cette stratégie », juge encore cette source.
Source: JeuneAfrique
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