Wagner au Niger : quand la junte et Prigojine sèment le trouble

36
Wagner au Niger : quand la junte et Prigojine sèment le trouble
Wagner au Niger : quand la junte et Prigojine sèment le trouble

Mathieu Olivier

Africa-Press – Niger. Depuis le début du coup d’État au Niger, la question de l’influence de la Russie et du groupe Wagner est posée avec insistance. Le général Tiani bénéficie-t-il de l’aide de Moscou ou de ses supplétifs ?

Si Evgueni Prigojine ne devait avoir qu’un talent, ce serait sans doute celui de savoir communiquer. Ce 4 août, alors que la tension monte entre la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et les putschistes nigériens du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le patron du groupe Wagner a livré dans une vidéo diffusé sur ses réseaux sociaux son analyse de la situation à Niamey, où le président légitime Mohamed Bazoum est toujours retenu en otage par les mutins du général Abdourahamane Tiani.

« Il s’agit d’une lutte de libération, d’un mouvement de libération pour l’indépendance de ce pays, et que Dieu leur accorde le succès », a-t-il notamment lancé. « Une société française d’extraction d’uranium le vendait sur le marché pour 218 dollars, alors qu’elle ne le payait que 11 dollars au Niger », dénonce encore le Russe, qualifiant les pratiques des anciens colons de « crimes économiques ». Pour « couvrir » ces derniers, « le pays a été saturé de très nombreux terroristes », explique-t-il encore, reprenant à son compte un discours anti-français très répandu.

« On a envoyé [au Niger] des foules de soldats qui n’ont rien fait mais qui ont reçu d’énormes budgets qui ont également été détournés à différents niveaux. C’est pourquoi la transformation du Niger était tout simplement nécessaire », conclut l’ancien restaurateur. Le 27 juillet, vantant l’efficacité de Wagner, il avait déjà affirmé sur une de ses chaînes Telegram que les pays occidentaux – en premier lieu la France – déstabilisaient délibérément les pays africains, y soutenant les terroristes afin d’empêcher le développement des anciennes colonies.

Wagner bientôt au Niger

Alors que le CNSP a dénoncé ce 3 août les accords de défense avec la France, le groupe Wagner va-t-il s’implanter au Niger, comme il l’a déjà fait au Mali ? Prigojine, qui a fait de l’Afrique l’objectif principal de son organisation après l’échec de sa rébellion en Russie, se tient prêt. Quant aux putschistes nigériens, ils n’ont pas fermé la porte à cette éventualité. Ces derniers jours, selon une source diplomatique occidentale, ils auraient pris des contacts avec le groupe de mercenaires russes, via leurs homologues maliens.

Les généraux Tiani et Salifou Mody, lequel a fait le voyage à Bamako le 2 août, iront-ils jusqu’à s’engager officiellement avec Evgueni Prigojine ? Il pourrait également s’agir d’un coup de bluff, dans le bras de fer qui les oppose à la Cedeao et à ses alliés occidentaux. En 2023, les putschistes maliens ont aussi mis en contact le Burkinabè Ibrahim Traoré avec les hommes de Wagner. Or, le président de la transition du Burkina Faso – farouchement pro-russe – n’a pas franchi le pas et les mercenaires de Wagner n’ont jusqu’ici aucune activité sur le territoire burkinabè.

La Source: JeuneAfrique.com

Pour plus d’informations et d’analyses sur la Niger, suivez Africa-Press

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here