Nelly Fualdes
Africa-Press – Niger. Ni Air France, ni Turkish Airlines, ni Asky ne sont encore de retour à Niamey, malgré la réouverture du ciel nigérien aux vols commerciaux, effective depuis le 3 septembre.
Cela fait déjà plus d’une semaine que les aéroports de Niamey, Agadès et Zinder ont officiellement repris du service – exclusivement en ce qui concerne les vols commerciaux, nationaux comme internationaux.
Et, pourtant, cette réouverture passerait presque inaperçue. Sur la poignée de vols programmés, la majorité est opérée par le Service aérien humanitaire des Nations unies (UNHAS), géré par le Programme alimentaire mondial (PAM). Air Algérie et Libyan Airlines sont aussi présents.
Mais là s’arrête la liste des opérateurs internationaux de retour à Niamey avec des vols réguliers, même si Ethiopian Airlines recommence timidement ses dessertes, avec un vol exceptionnel ce 11 septembre.
Petit marché
D’une part, parce que les pays de la Cedeao (à l’exception du Mali et du Burkina Faso) ont décidé la fermeture de leur espace aérien à tous les vols en provenance et à destination du Niger, à l’exception des appareils en situation d’urgence et des vols spéciaux, s’est empressée de rappeler l’Agence ivoirienne de l’aviation civile, le 5 septembre.
LES SIX VOLS QUOTIDIENS DE BRITISH AIRWAYS SONT LES PLUS TOUCHÉS
Ce qui explique qu’Air Côte d’Ivoire n’ait pas relancé son vol quotidien entre Abidjan et Niamey. Plus surprenant, Asky, qui s’était attiré les foudres de la Cedeao en continuant à desservir Bamako sous embargo, avec une étape à Conakry, n’a pas appliqué la même politique en direction du Niger.
Quant aux compagnies internationales comme Ethiopian Airlines, Turkish Airlines ou Air France, non concernées par les sanctions de la Cedeao, elles n’ont pas non plus précipité leur retour au Niger. Il faut dire « qu’on ne peut pas parler d’une grande demande pour ce marché », relève une professionnelle du secteur. « La desserte de Niamey-Diori Hamani reste suspendue jusqu’à nouvel ordre », assure donc Air France, tandis que Turkish Airlines n’a pas souhaité répondre à nos questions sur le sujet, et ne commercialise toujours aucun billet pour la destination. Ethiopian Airlines, de son côté, commercialise de nouveau des billets pour des départs les 14 et 15 septembre.
Profil de risque
Malgré la faible activité aéroportuaire, la décision des autorités de transition est loin d’être anodine. Car, si elles hésitent à se poser à Niamey, les compagnies étrangères n’ont en revanche pas tergiversé avant de survoler à nouveau le pays. Et pour cause : situé dans un carrefour stratégique, le Niger est survolé en temps normal par près d’une centaine d’avions par jour, dont les deux tiers circulent entre l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest. « Ethiopian Airlines représente la moitié », relève dans une étude John Grant, analyste en chef du fournisseur de données aériennes OAG, et le dernier tiers rallie l’Afrique du Sud à l’Europe.
« Les six vols quotidiens de British Airways sont les plus touchés », précise John Grant. Les compagnies ont donc quasi immédiatement renoué avec leurs trajectoires antérieures à la crise, ce qui est déjà, pour elles et pour leurs passagers, une bonne nouvelle.
Sur la suite, John Grant n’est pas optimiste, car ces semaines de crise augmenteront mécaniquement « le risque d’assurance lié à l’exploitation de l’aéroport international de Niamey », pointe-il. En outre, l’incertitude, qui est la norme depuis plusieurs semaines, « incite les compagnies aériennes à rechercher d’autres marchés présentant un profil de risque moins élevé ». Au risque d’en faire leur nouvelle norme.
Source: JeuneAfrique
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