Maher Hajbi
Africa-Press – Niger. Alors que la menace d’une intervention militaire de la Cedeao à l’encontre des putschistes plane toujours, l’Union monétaire ouest-africaine a lancé un ultimatum aux institutions financières pour s’assurer que les sanctions financières sont bien appliquées.
Engagée à serrer la vis contre les putschistes, l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) a lancé un ultimatum aux directeurs généraux des établissements bancaires de la sous-région. L’institution veut contrôler que le blocus économique décrété au lendemain du coup d’État au Niger par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) est bien appliqué.
Ultimatum fixé au 25 août
« Ces décisions sont d’application immédiate », insiste le secrétaire général de la Commission bancaire de l’Umoa, Antoine Traoré, dans une correspondance – datée du 17 août – adressée aux banques ouest-africaines. Ainsi, les institutions bancaires doivent, au plus tard le 25 août, communiquer l’état de la mise en œuvre des instructions de la Cedeao.
Les sanctions prévues par la Cedeao imposent le gel des avoirs financiers de l’État du Niger, de ses institutions publiques et parapubliques et des individus impliqués dans le coup de force du général Tiani. La liste concerne aussi les familles des personnes « civiles et militaires qui participeraient à des institutions, organes ou gouvernement qui seraient constitués par les militaires ».
Niamey à court de liquidités
Alors que les frontières aériennes et terrestres du Niger sont toujours fermées, la Cedeao tient à ce que toutes les transactions financières avec la junte soient gelées. Selon la correspondance de l’Umoa, les directeurs généraux des banques de la sous-région doivent également transmettre « une copie de la situation de la mise en œuvre des décisions à la direction nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest dans chaque pays ». Pour rappel, l’Umoa est composée des huit pays qui utilisent le franc CFA d’Afrique de l’Ouest mais l’émission de la devise est assurée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Affaibli par les sanctions économiques, le Niger s’est retrouvé, mi-août, en défaut de paiement. Pour la première fois en quarante ans, Niamey n’a pas été en mesure de rembourser 12 milliards de F CFA (18,3 millions d’euros) sur le marché régional, Umoa-Titres. Par ailleurs, trois autres échéances sont prévues en septembre prochain pour un total de 70 milliards de F CFA (106,7 millions d’euros).
Source: JeuneAfrique
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