Salimata Koné
Africa-Press – Niger. Alors que le premier Sommet africain sur le climat se conclut sur une promesse de 23 milliards de dollars d’investissements verts sur le continent, focus sur les bons élèves en matière d’énergies renouvelables.
Au premier Sommet africain pour le climat, qui vient de s’achever à Nairobi, au Kenya, l’annonce des Émirats arabes unis, organisateurs de la COP28 en décembre prochain, de financer à hauteur de 4,5 milliards de dollars (près de 4,2 milliards d’euros) les initiatives vertes en Afrique a été accueillie avec enthousiasme. Car, si la poussée des énergies renouvelables sur le continent est significative, le manque de fonds demeure le principal frein à l’essor du secteur.
Alors qu’un total de 23 milliards de dollars de promesses d’investissements a été annoncé, selon le président kényan, William Ruto, hôte du sommet, ce dernier s’est conclu par l’adoption d’une « déclaration de Nairobi » qui doit servir « de base à la position commune de l’Afrique dans le processus mondial sur le changement climatique jusqu’à la COP28 et au-delà ».
Appelant les dirigeants de la planète à « se rallier à la proposition d’un régime de taxe sur le carbone », les 54 pays africains signataires de la déclaration se sont engagés à « augmenter la capacité de production d’énergies renouvelables de l’Afrique de 56 gigawatts en 2022 à au moins 300 gigawatts d’ici à 2030 ».
La mise en œuvre des projets revêt un caractère d’urgence puisque « ne rien faire coûte de l’argent et des vies », a souligné lors du sommet Alain Ebobissé, le directeur d’Africa50, plateforme d’investissement créée par les chefs d’État africains et la Banque africaine de développement (BAD), associée à l’engagement émirati.
Kenya, pionnier de la géothermie
En attendant la concrétisation des nouveaux projets, focus sur des acteurs qui ont pris de l’avance dans la transition verte. Si le Kenya, le Maroc et la Côte d’Ivoire sont considérés comme des pionniers, plusieurs autres pays ont redoublé d’efforts ces dernières années, dont le Sénégal et le Burkina Faso, mais aussi le Togo.
En marge du sommet, qui a rassemblé durant trois jours près de 30 000 personnes, le président kényan n’a pas manqué de mettre en avant les efforts faits par son pays ces dernières années, qui lui ont permis de faire passer son taux d’électrification de 23 % à 76 % entre 2013 et 2019, selon la Banque mondiale, et d’atteindre un mix énergétique à 86 % assuré par les énergies renouvelables.
Parmi les réalisations de taille figure la centrale géothermique d’Olkaria, la plus grande du genre dans le monde, développée en cinq phases et qui permet au pays de disposer d’une capacité géothermique de 799 mégawatts (MW). Mais le Kenya, qui vise un mix à 100 % en 2030, a aussi inauguré en 2019 le parc solaire de Garissa, d’une capacité de 50 MW et fournissant de l’électricité à près 650 000 foyers, tout en misant sur l’éolien avec notamment la centrale de Ngong, qui affiche une capacité de 55 MW.
Maroc, le pari du solaire
Autre pionnier, le Maroc, qui s’est fixé dès 2009 l’objectif d’atteindre une part de 52 % d’énergies vertes dans son mix à l’horizon 2030, a largement investi dans le solaire. Ainsi, la centrale Noor Ouarzazate I, inaugurée en grande pompe par le roi Mohammed VI en février 2016, s’étend sur 144 hectares et a une capacité de 160 MW quand la mise en service de trois nouveaux parcs, dans le cadre de ce même mégaprojet, porte à 580 MW la puissance solaire installée dans le pays, selon Masen, l’agence en charge de l’essor des énergies vertes dans le royaume.
Disposant en outre d’importantes capacités hydrauliques, le pays a également développé l’énergie éolienne via des projets d’envergure dont Tarfaya et Midelt.
Côte d’Ivoire, force hydraulique
Abidjan a, quant à elle, su exploiter son potentiel hydraulique, notamment grâce au barrage de Soubré, projet à 500 millions d’euros, inauguré en 2017 et d’une puissance installée de 275 MW, qui permet à la Côte d’Ivoire de respecter les engagements pris lors de la COP21 à Paris en 2015.
Fournisseur d’électricité à ses voisins (Mali, Burkina Faso et Guinée), le pays a depuis multiplié les projets de barrages (Singrobo et Gribo-Popoli sur le fleuve Sassandra) tout en mettant en œuvre un plan de construction de centrales hydroélectriques (10 prévues à l’horizon 2030) et en pariant sur l’essor des centrales biomasse, dont la première, Biovea, est développée par le groupe Sifca.
Malgré ces réalisations, les projets énergétiques sur le continent sont loin de combler les besoins des populations. La Banque mondiale estime à 500 millions le nombre d’Africains n’ayant pas accès à l’électricité. Le Climate Policy Initiative estime à 2 800 milliards de dollars le montant nécessaire pour financer des projets climatiques sur la décennie 2020-2030. L’annonce émiratie n’est donc qu’un premier pas…
Source: JeuneAfrique
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