Africa-Press – Niger. La faculté d’Agronomie de l’Université Abdou Moumouni de Niamey innove dans son approche pédagogique avec le lancement d’un jardin sous serre. Destinée à l’apprentissage pratique des étudiants en formation agricole, cette serre expérimentale se dresse comme un véritable joyau au service de l’agriculture, au cœur même de la faculté chargée de former les futurs experts agronomes.
Installée sur une superficie de 504 mètres carrés, la serre accueille pour cette phase pilote une culture de tomates, première variété choisie pour l’expérimentation. De forme tunnel, elle est aménagée en six rangées parfaitement tracées. Le système d’irrigation utilise à la fois la technologie « Hadari » et le goutte-à-goutte, connecté à une bonbonne qui permet l’épandage d’engrais ou de bio-pesticides. Bien que les plants soient encore jeunes, chacun d’eux porte une promesse de vie, reflétant la fertilité d’une terre pleine d’espoir. Ce n’est pas encore un jardin luxuriant, mais les tomates annoncent déjà une abondance future.
Ce qui distingue cette serre, c’est sa modernité, elle est connectée. Grâce à un réseau, elle peut être contrôlée à distance, à plusieurs kilomètres, permettant ainsi un suivi en temps réel des cultures. L’objectif est de permettre aux étudiants de mettre en pratique les notions théoriques apprises en salle, tout en se confrontant aux réalités du travail de la terre. Recouverte d’un plastique filtrant, la serre laisse passer uniquement les rayons solaires nécessaires à la croissance des plantes. Les portes, également en plastique, seront bientôt remplacées par du grillage afin de maintenir une température intérieure optimale pour le développement des cultures.
Dr Zangui Hamissou, responsable de la serre et enseignant chercheur à la faculté, a précisé que cette serre connectée a été mise en place dans le cadre d’un projet global appelé ‘’projet de la ferme agricole intégrée’’ qui sera financé sur fonds propres de l’université. Au départ, le projet était propre à la Faculté d’Agronomie, mais il appartient à présent à toute l’université. Dr Zangui Hamissou ajoute que la serre vient soulager les obstacles liés à la mise en pratique auxquels font face les étudiants, plus spécifiquement la culture maraîchère qui ne pourra pas se faire à un certain moment.
« Ce projet, la Faculté d’Agronomie l’a subdivisé en deux phases, à savoir le volet A et le volet B. Le volet A consisté à renforcer d’abord les infrastructures de la faculté. Et le volet B, va être une ferme intégrée globale qui va être installée sur 100 hectares en dehors de Niamey », a indiqué l’Enseignant Chercheur. « Elle a été implantée pour pouvoir pratiquer toutes les cultures maraîchères », a-t-il ajouté.
Le caractère particulier de la serre, relève Dr Zangui Hamissou, est la possibilité de cultiver durant toute l’année sans interruption. « Grâce à son système de réseautage, nous avons la capacité de réguler tout le processus. Tout ce qui concerne la température, l’humidité, la qualité de l’eau, la quantité de l’eau, sera réglé en temps réel », a-t-il précisé.
« Dans certains cas, on installe des lampes ou des lumières artificielles pour éclairer les plantes dites plantes de lumière. Celles-ci doivent recevoir un certain nombre d’heures d’éclairage par jour, sans quoi elles ne produisent pas les résultats attendus. Mais pour ce type de plantes, ce dispositif n’est pas nécessaire: la lumière filtrée qui pénètre dans la serre est largement suffisante pour assurer leur bon développement », a expliqué l’Enseignant Chercheur. « Vous verrez, dans une semaine, ces plantes auront tellement évolué que vous aurez du mal à les reconnaître. Elles ont été mises en place juste avant la réception, donc il n’y a pas plus d’un mois, environ quatre semaines, certainement pas deux mois », a-t-il assuré.
L’ensemble de ce projet agricole, tel que présenté, se veut un espace pédagogique et scientifique où se combinent culture, élevage et gestion durable des ressources naturelles. Il vise à offrir aux étudiants une formation pratique, à soutenir la recherche appliquée sur des techniques adaptées au contexte sahélien et à promouvoir des modèles agricoles innovants pour renforcer la sécurité alimentaire. En associant production végétale, animale et transformation agroalimentaire, cette ferme se présente comme un laboratoire vivant qui contribue à l’innovation locale et au développement rural durable au Niger.
La culture sous serre, une méthode adaptée à l’ère du changement climatique
Dispositif constituant une sorte d’abri pour les plantes, la serre est généralement en verre ou en plastique transparent, conçue pour protéger les cultures et créer un microclimat favorable à leur croissance. Elle est très souvent solide, soutenue avec des poutres d’acier afin de résister aux intempéries, suffisamment spacieuse pour permettre le travail humain, et équipée de systèmes de ventilation, d’humidification et parfois de chauffage pour réguler la température et l’humidité.
Grâce à ses murailles transparentes, elle assure une bonne luminosité tout en protégeant les plantes du gel, du vent, de la pluie et des parasites. Elle permet, par ailleurs une prolongation de la saison de culture, d’accélérer la croissance des végétaux et de diversifier les productions qu’il s’agisse de légumes, de fruits ou de fleurs.
Selon les explications de Dr Zangui Hamissou, la culture sous serre est vue, ces dernières années, comme une solution complémentaire aux autres pratiques d’adaptation, telles que l’agroforesterie ou les cultures résistantes à la sécheresse. Elle permet une culture sécurisée, met les plantes à l’abri des aléas climatiques extrêmes et permet une production hors saison. Dans des pays sahéliens comme le Niger, son importance est d’autant plus large qu’elle permet de cultiver des légumes même en temps de chaleur extrême.
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