Africa Ceo Forum : Banques qui ne financent pas les projets pour cause d’énergies fossiles, pour Mohamed Bazoum, l’Afrique est victime « d’un monde international fait d’injustices »

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Africa Ceo Forum : Banques qui ne financent pas les projets pour cause d'énergies fossiles, pour Mohamed Bazoum, l'Afrique est victime « d'un monde international fait d'injustices »
Africa Ceo Forum : Banques qui ne financent pas les projets pour cause d'énergies fossiles, pour Mohamed Bazoum, l'Afrique est victime « d'un monde international fait d'injustices »

Africa-Press – Niger. Outre l’indignation face au non-respect de l’engagement pris en 2009 à Copenhague (COP 15, ndlr) de verser à compter de 2020 100 milliards de dollars d’aide annuelle aux pays en développement les plus affectés par le réchauffement climatique, au mieux tenu en 2023, le Président du Niger, Mohamed Bazoum, a déploré une volonté manifeste du monde de la finance de ne pas émettre de crédit pour le développement sous couvert d’utilisation des énergies fossiles localement disponibles.

« Je pense que nous n’avons pas un bon rapport de force aujourd’hui entre ceux qui conçoivent ces mesures, comme notamment celle qui consiste à prohiber les énergies fossiles, et les pays comme les nôtres qui ont des intérêts et qui sont totalement en porte-à-faux avec ce genre d’exigence. », a constaté le Président du Niger lors du panel présidentiel de la 8e édition de l’Africa Ceo Forum qui s’est tenu lundi et mardi à Abidjan, avant de s’en prendre à ceux qui, selon lui, freinent les possibilités de développement pour des critères basés sur une dynamique « ecolo » essentiellement occidentale.

« Nous allons continuer à nous battre, nous avons des ressources fossiles qui doivent être exploitées, nous serions même prêts à passer outre ses engagements sauf que malheureusement nous ne disposons pas de capitaux pour les investir et faire en sorte que le Niger aujourd’hui puisse utiliser son charbon pour produire de l’électricité, envisager son industrialisation. », explique le président du Pays qui fourni de l’uranium à l’Europe pour ses centrales nucléaires, de quoi laisser un gout amer, un sentiment de réalité à géométrie variable et, au fond, d’injustice. Le terme sera, de fait, employé en conclusion de son intervention.

« Nous avons du charbon, nous avions des sociétés qui avaient pu, à un moment donné, envisager investir pour exploiter le charbon du Niger parce qu’il y avait des banques qui étaient prêtes à leur consentir les crédits dont elles avaient besoin, mais avec ces mesures qui sont prises, il n’y a aucune banque qui est prête à s’engager. Nous sommes punis et donc le monde international est un monde fait d’injustices, vraiment. »

Pour Macky Sall, le Président du Sénégal, également présent au panel au côté du Vice-président ivoirien Tiemoko Koné, aux lobbyistes de l’économie verte anti-énergie fossiles, il a expliqué qu’il fallait « du temps et de l’adaptation », tout en rappelant que le continent africain ne représente que 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et que l’occident s’est développé après 100 ans de transformation d’énergies fossiles.

Pour rappel, en 2009, à Copenhague, lors de la COP 15, les pays dit « développés » s’étaient engagés à verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 à ceux en développement pour les aider à s’adapter aux changements climatiques. Une promesse parmi d’autres du Nord au Sud toujours attendue, mais un monde, lui, qui ne s’arrête pas.

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