Au Niger, l’armée française commence à plier bagages

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Au Niger, l’armée française commence à plier bagages
Au Niger, l’armée française commence à plier bagages

Benjamin Roger

Africa-Press – Niger. À la demande de Niamey, la France a initié un processus de retrait de certaines de ses capacités militaires dans le pays. Entre 1 200 et 1 400 soldats français y sont déployés, ainsi que des avions de chasse et des drones.

Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger pousse l’armée française vers la sortie. Le lundi 5 septembre, le ministère français des Armées a reconnu que des « échanges » avaient bien lieu entre Paris et Niamey sur le retrait de « certains éléments militaires » français du pays. La veille, Ali Mahaman Lamine Zeine, le Premier ministre nigérien nommé par la junte, a affirmé que des « échanges » étaient en cours pour obtenir un départ « très rapide » des soldats français – tout en disant vouloir, « si possible », « maintenir une coopération avec un pays avec qui on a partagé énormément de choses ».

Depuis le coup d’État contre le président Mohamed Bazoum, le 26 juillet, la France, qui avait fait du Niger le pivot de son dispositif militaire au Sahel après son éviction du Mali et du Burkina Faso voisins, est montrée du doigt par la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani. Ambassadeur de France sommé de quitter le pays, rupture de différents accords militaires entre les deux pays, manifestation de milliers de personne devant la base militaire française à Niamey… Pas une semaine, ou presque, ne passe sans que les relations entre les deux pays ne s’enveniment un peu plus.

Retrait des capacités « non utilisées »

Dans ce contexte explosif, toutes les activités des forces françaises basées dans le pays ont été suspendues. En fonction des besoins et des rotations de personnel, entre 1 200 et 1 400 militaires français sont déployés au Niger. La majorité d’entre eux – environ 800 hommes – est présente sur la base aérienne projetée (BAP) de Niamey. Le reste est réparti entre les bases de Ouallam (environ 200 militaires français) et Ayorou (environ 200 autres), proches de la zone sensible des « trois frontières » (Niger, Burkina Faso, Mali), où les soldats mènent des opérations avec les militaires nigériens contre les groupes jihadistes.

« L’idée est de procéder au retrait de nos capacités non utilisées. Il ne s’agit pas – du moins pas encore – d’un retrait total », explique un haut gradé français. Premiers concernés : les différents aéronefs basés au Niger, qui permettaient de collecter du renseignement et d’appuyer les opérations de troupes au sol.

CEUX QUI SE PRENNENT UNE CLAQUE, CE NE SONT PAS NOUS MAIS LES NIGÉRIENS.

Quelques Mirage 2000, drones Reaper MQ9 et hélicoptères sont aujourd’hui stationnés à la BAP de Niamey. « Il n’y a plus beaucoup de sens à les laisser là à ne rien faire. Ils seront beaucoup plus utiles ailleurs », explique une source française dans la capitale nigérienne.

Comme les militaires basés à Ayorou et Ouallam, ces avions de chasse et drones pourraient donc rapidement être rappelés par Paris. « Nous ne savons pas encore quand exactement. Cela fait partie des discussions que nous devons avoir avec les Nigériens », poursuit notre officier français.

Nouveau désaveu pour Paris au Sahel

Contrainte de quitter le Mali en 2022, puis le Burkina Faso en 2023, à la demande des juntes d’Assimi Goïta et d’Ibrahim Traoré au pouvoir à Bamako et Ouagadougou, l’armée française commence donc à faire ses paquetages au Niger. Un nouveau – et cinglant – désaveu pour la France dans un Sahel en ébullition, où l’ancienne puissance coloniale perd un peu plus pied à mesure que des putschs s’y répètent. « Ceux qui se prennent une claque, ce ne sont pas nous mais les Nigériens, et plus largement les Burkinabè et les Maliens. Il faut bien comprendre que la vraie menace au Sahel n’est pas la France mais le terrorisme, qui est train d’exploser dans la région », conclut un haut responsable à Paris.

Contactées par Jeune Afrique, les autorités de transition nigériennes, qui considèrent la présence des forces armées françaises dans leur pays comme illégale depuis le 3 septembre, n’ont pas répondu à nos sollicitations.

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