Benjamin Roger
Africa-Press – Niger. Un petit avion de liaison a décollé de Niamey ce 2 août avec, à son bord, plusieurs officiers chargés de réfléchir à un renforcement de la coopération avec le Mali.
Ce mercredi 2 août, à l’aéroport Diori Hamani de Niamey, la plupart des regards étaient encore focalisés sur les derniers Airbus A330 qui s’envolent pour Paris afin de rapatrier des ressortissants français du Niger.
Vers 8 heures du matin, un autre avion – bien plus petit – a aussi décollé du tarmac de la capitale nigérienne. Un Dornier 228-201, un appareil de liaison léger. À son bord, un équipage de douze personnes, dont quelques officiers membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani qui a renversé le président Mohamed Bazoum le 28 juillet.
L’information, d’abord relayée sur Twitter par @casusbellii, un compte spécialisé en investigation en sources ouvertes, a été confirmée à Jeune Afrique par des sources militaires. Selon nos informations, le général Salifou Mody, ancien chef d’état-major de l’armée nigérienne, qui s’était déjà rendu en mars à Bamako pour y rencontrer le colonel Assimi Goïta, fait partie de cette délégation.
Intermédiaires maliens
L’envoi de cette délégation nigérienne à Bamako intervient alors que la Cedeao menace ouvertement de déclencher une intervention militaire au Niger si les putschistes du général Tiani ne rendent pas le pouvoir au président Bazoum. Dans un communiqué conjoint inédit publié le 31 juillet, le Mali du colonel Assimi Goïta et le Burkina Faso du capitaine Ibrahim Traoré ont répliqué qu’ils considèreraient toute opération de ce genre contre leur voisin nigérien comme une « déclaration de guerre ».
Selon une source militaire, l’objectif de ce voyage d’officiers nigériens au Mali est de travailler à un renforcement de la coopération entre les deux pays. « La junte de Tiani réfléchit à la manière de s’organiser sans les différentes aides occidentales. Une fois à Bamako, il y aura forcément une discussion avec leurs hôtes maliens sur l’éventuel appui que pourrait leur apporter la Russie », estime une source française.
Premier partenaire de Vladimir Poutine dans la région, le Mali d’Assimi Goïta avait contribué, fin 2022, à rapprocher le régime du capitaine Ibrahim Traoré, tout juste arrivé au pouvoir par la force à Ouagadougou, de Moscou. Une stratégie qui a porté ses fruits : le jeune président de transition burkinabè a été une des têtes d’affiche du récent sommet Russie-Afrique, à Saint-Pétersbourg, où son aîné malien Assimi Goïta était aussi présent.
La Source: JeuneAfrique.com
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