le pays ferme son espace aérien « face à la menace d’intervention qui se précise »

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le pays ferme son espace aérien « face à la menace d’intervention qui se précise »
le pays ferme son espace aérien « face à la menace d’intervention qui se précise »

Africa-Press – Niger. Les militaires ont fait cette annonce quelques minutes avant l’expiration d’un ultimatum. Une délégation venue du Mali et du Burkina Faso est en route.

Les militaires ayant pris le pouvoir à Niamey ont annoncé, dimanche, la fermeture de son espace aérien « face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins ». Et ce, alors que l’ultimatum lancé par la Cedeao après le putsch a expiré ce lundi 7 août, à minuit.

« Face à la menace d’intervention qui se précise à partir des pays voisins, l’espace aérien nigérien est fermé à compter de ce jour dimanche […] jusqu’à nouvel ordre », indique le communiqué, signalant par ailleurs que « toute tentative de violation de l’espace aérien » entraînera « une riposte énergique et instantanée ».

Ce communiqué a été publié peu avant l’expiration, lundi à minuit, heure de Niamey (1 heure, heure de Paris), de l’ultimatum adressé le 30 juillet par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) aux militaires pour rétablir dans ses fonctions le président Bazoum, sous peine d’intervention armée.

Dans un autre communiqué, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP, qui a pris le pouvoir) affirme qu’un « prédéploiement pour la préparation de l’intervention a été fait dans deux pays d’Afrique centrale », sans préciser lesquels. « Tout État impliqué sera considéré comme cobelligérant », ajoute-t-il.

Les frontières terrestres et aériennes du Niger avec cinq pays frontaliers avaient été rouvertes le 2 août, près d’une semaine après leur fermeture lors du coup d’État du 26 juillet, ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum. Ces pays étaient l’Algérie, le Burkina Faso, la Libye, le Mali et le Tchad.

Dimanche après-midi, quelque 30 000 partisans du coup d’État – dont beaucoup brandissaient des drapeaux du Niger, du Burkina Faso et de Russie – se sont livrés à une démonstration de force dans le plus grand stade du Niger, à Niamey.

Le coup d’État a été condamné par l’ensemble des partenaires occidentaux et africains du Niger, mais les militaires nigériens ont reçu le soutien de leurs homologues du Mali et du Burkina Faso – également arrivés au pouvoir par des coups d’État en 2020 et 2022 et, eux aussi, confrontés à la violence djihadiste. Ces derniers affirment qu’une intervention au Niger serait une « déclaration de guerre » à leurs deux pays.

Par ailleurs, depuis dimanche, le ministère français des Affaires étrangères « déconseille formellement » tout déplacement au Niger. « Les ressortissants français au Niger sont appelés à la plus grande vigilance : il est essentiel de limiter ses déplacements, de se tenir à l’écart de tout rassemblement et de se tenir régulièrement informé de la situation », a-t-on précisé sur le site du ministère. Jusqu’ici, le Quai d’Orsay déconseillait « sauf raison impérative » de se rendre au Niger.

L’armée malienne a annoncé lundi l’envoi à Niamey par le Mali et le Burkina Faso d’une délégation officielle conjointe en « solidarité » avec le Niger, théâtre fin juillet d’un coup d’État militaire et sous la menace d’une intervention militaire ouest-africaine.

« Le Burkina Faso et le Mali envoient une délégation à Niamey, conduite par le ministre malien » Abdoulaye Maïga, l’un des hommes forts de la junte malienne, a indiqué l’armée malienne sur les réseaux sociaux. « Objectif : témoigner de la solidarité des deux pays au peuple frère du Niger », a-t-elle ajouté. La délégation est attendue lundi au Niger, selon les Affaires étrangères nigériennes.

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