Africa-Press – Niger. Dans un monde où la désinformation prend de plus en plus d’ampleur, notamment dans l’espace sahélien, l’organisation burkinabè de développement des médias Fasocheck a jugé utile d’appuyer des jeunes journalistes Nigériens à travers une formation en fact-checking organisée du 25 au 27 mars 2026 à Niamey. Pendant trois jours, les participants ont été initiés à des techniques et méthodes leur permettant de mieux vérifier les informations et de détecter les fausses affirmations qui circulent sur les réseaux sociaux.
À l’ouverture de cette formation, le président de Fasocheck, M. Wendlassida Isidor Bouda, a indiqué que cette initiative vise à promouvoir une information fiable, indispensable à la paix, à la cohésion sociale et à l’exercice d’une citoyenneté responsable. Selon lui, le fact-checking est devenu aujourd’hui une spécialisation incontournable pour les journalistes confrontés à la prolifération de contenus trompeurs.
M. Wendlassida Isidor Bouda a expliqué que cette pratique permet de renforcer la qualité du travail journalistique en réinstaurant les réflexes fondamentaux de vérification avant toute publication. « Les résultats des vérifications seront accessibles au grand public, mais l’essentiel du travail est destiné aux professionnels de l’information qui ont la responsabilité de produire et de diffuser des contenus fiables », a-t-il précisé.
Poursuivant son intervention, le président de Fasocheck a souligné le rôle crucial du fact-checking dans la clarification des informations, la correction des erreurs et la compréhension des faits complexes. « Il ne s’agit pas d’une simple course aux démentis, mais d’une démarche essentielle pour assainir l’espace informationnel, restaurer la confiance et garantir un débat public sain », a affirmé M. Wendlassida Isidor Bouda. Il a invité les participants à renforcer la sensibilisation des populations face aux dangers de la désinformation et a exhorté les responsables des écoles de journalisme d’intégrer l’éducation aux médias dans leurs programmes scolaires.
Durant ces trois jours de formation, les participants ont été initiés aux techniques de vérification de l’information, aux démarches méthodologiques ainsi qu’à l’utilisation d’outils numériques dédiés au fact-checking. Des exercices pratiques ont également permis aux jeunes journalistes de confronter leurs expériences et d’analyser des cas concrets de désinformation.
Au terme de la session, Wendlassida Isidor Bouda s’est réjoui de l’engagement des participants. Il a également salué la qualité des échanges et la capacité des journalistes formés à analyser leurs pratiques professionnelles avec esprit critique, tout en souhaitant que les connaissances acquises soient mises en œuvre dans leurs rédactions respectives. « Le fact-checking n’est pas réservé à quelques médias, c’est une obligation pour tous les journalistes », a-t-il rappelé.
Le président de Fasocheck a par ailleurs lancé un appel aux responsables des médias afin de créer les conditions nécessaires permettant aux journalistes de vérifier les informations avant publication. « Chers responsables de média, vous devrez savoir que l’information est un couteau à double tranchant, elle peut éclairer et renforcer la société, mais aussi et surtout la diviser et l’affaiblir lorsqu’elle est manipulée. C’est pourquoi, il faut l’utiliser avec attention et expertise », a-t-il relevé.
M. Hama Djibo Abdoul Wahab, l’un des participants, a souligné que la formation est adaptée au contexte actuel marqué par de nombreux troubles à travers le monde. Selon lui, la désinformation affaiblit la cohésion sociale, menace la démocratie et freine les efforts en faveur des droits humains. Il faut rappeler que cette initiative est intervenue dans un contexte où la circulation rapide de l’information, notamment en ligne, exige davantage de rigueur et de responsabilité.
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