Cinéma africain : droits de distribution et difficultés de conservation

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Cinéma africain : droits de distribution et difficultés de conservation
Cinéma africain : droits de distribution et difficultés de conservation

Africa-Press – São Tomé e Príncipe. C’est un triste constat que faisait à l’antenne de la BBC le cinéaste et universitaire tanzanien Amil Shivji : les Africains n’ont pas accès au œuvres pionnières du cinéma produites par le continent. La détention des droits de distribution hors du continent, souvent en Europe, sont l’une des raisons à l’origine de cette situation.

Dans l’entretien accordé à BBC Africa, Amil Shivji explique ainsi que les films réalisés dans les années 60-80 – entre autres en Afrique de l’Ouest par des grands noms du cinéma africain comme Ousmane Sembène, Djibril Mambéty Diop ou encore Gaston Kaboré –, ont été financés par des gouvernements et des entreprises privées en Europe. Restaurés et digitalisés aujourd’hui, ils “ne bénéficient toujours pas des modèles de distribution qu’ils méritent en Afrique”.

“Nous sommes encore assez dépendants des marchés européens pour distribuer nos films, car nous n’avons pas l’infrastructure (adéquate)” pour le faire en Afrique. “Ainsi, même les films classiques des pères du cinéma africain, nous n’avons toujours pas les droits pour distribuer ces films sur le continent africain, même à des fins éducatives”, regrette le maître de conférence à l’Université de Dar es Salam en Tanzanie.

Défaut de conservation

L’indisponibilité de ces œuvres sur le continent est évoquée dans le dernier rapport de l’Unesco sur le cinéma africain publié en octobre dernier. Il tient aussi à des difficultés de conservation. A cause des conflits ou des conditions climatiques, “les archives audiovisuelles stockées localement se sont progressivement détériorées, car les méthodes et les ressources de conservation étaient inadaptées, et les premiers documents datant des années 1950 ont déjà disparu”, peut-on lire dans le document.

“Quant aux films celluloïd, les archives ayant le mieux survécu à l’épreuve du temps ne sont pratiquement jamais retrouvées en Afrique, mais dans les archives nationales du cinéma en France, au Royaume-Uni et dans d’autres pays européens ou dans diverses universités occidentales disposant d’un département dédié au cinéma africain”. Conséquences : “les établissements d’enseignement en Afrique n’ont pas accès à ces films pionniers” et “très peu de personnes connaissent l’existence du patrimoine cinématographique du continent, et encore moins parmi le public africain”.

Si ces films sont inaccessibles, c’est aussi parce que des structures adéquates n’ont pas été mises en place. “Le continent n’imposant aucun système de dépôt, les premiers et souvent les seuls, acteurs dans le domaine de la conservation sont les archives nationales du cinéma”. Sur le continent, “seuls huit pays” disposent de telles structures.

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