Cedeao-BIDC : le Ghanéen George Donkor perd une manche face au Sénégal

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Cedeao-BIDC : le Ghanéen George Donkor perd une manche face au Sénégal
Cedeao-BIDC : le Ghanéen George Donkor perd une manche face au Sénégal

Africa-Press – Senegal. Malgré le départ d’Amadou Hott du ministère sénégalais de l’Économie, Dakar reste mobilisé pour empêcher le président de la banque de développement de la Cedeao de briguer un second mandat. Ce dernier a tenté, sans succès, de manœuvrer lors de la dernière réunion des gouverneurs, le 27 octobre. Récit.

La longue marche de George Agyekum Nana Donkor vers un second mandat à la tête de la Banque d’investissement et de développement communautaire (BIDC) devait passer par Praia. Elle s’y est peut-être définitivement enlisée. Arrivé à mi-mandat, le Ghanéen essaie depuis des mois de renverser l’accord passé en 2020 qui avait permis d’éviter une crise diplomatique entre le Sénégal et le Ghana.

Lors de l’ouverture de la réunion des gouverneurs du 27 octobre dernier, il a distribué un mémo dans lequel il pointe les fragilités de cet arrangement. Le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, avait accepté il y a deux ans, sous la pression du Nigeria et de la Cedeao, que la présidence de l’institution revienne au Ghana, alors que son candidat était arrivé premier aux tests de sélection.

Mais, en retour, Dakar avait obtenu que le représentant d’Accra ne fasse qu’un mandat et que le prochain patron de la BIDC soit l’un de ses ressortissants. Pour George Donkor, ce compromis ne respecte pas les textes qui régissent la banque.

Coup de théâtre

Dans le document que JA a pu consulter, le président de la BIDC remet notamment en question le fait que l’accord de 2020 le limite à un mandat, bien qu’il soit prévu que ce dernier puisse être renouvelé une fois, comme l’illustrent les présidences du Béninois Christian Adovelande et du Nigérian Bashir Mamman Ifo. Par ailleurs, il pointe le fait que l’actuel vice-président sénégalais, actuellement en pole position pour lui succéder, ait pu être nommé sans mise en concurrence.

Dans ses recommandations, George Donkor propose en outre que le président soit impliqué dans le choix des vice-présidents afin de s’assurer, entre autres, de leur loyauté. Mais à peine avait-il distribué son mémo que le représentant sénégalais s’insurgeait et menaçait de quitter la salle, commençant même à ranger ses affaires, si la reconduction du mandat du président était abordée en séance, alors que ce point n’était pas à l’ordre du jour.

Face à ce coup de théâtre, le président du Conseil des gouverneurs, Olavo Avelino Garcia Correia, également vice-Premier ministre et ministre des Finances du Cap-Vert, a provoqué un huis-clos en faisant sortir George Donkor, son vice-président sénégalais, Mabouba Diagne, et le staff de la banque également présent. Restés seuls, les représentants des États membres de la Cedeao sont convenus que ce point serait réétudié en avril 2023 lors de la prochaine réunion des gouverneurs.

Éviter une crise diplomatique

Du côté du Sénégal, on reste mobilisé pour empêcher toute remise en question de l’accord de 2020. « Alors que George Donkor pouvait espérer que la nouvelle ministre de l’Économie, Oulimata Sarr, ne soit pas au fait de ce dossier, il a pu constater que la passation sur ce sujet avec son prédécesseur Amadou Hott a été parfaitement effectuée », nous a confié le représentant d’un État de la Cedeao.

Une autre source également directement concernée a indiqué à Jeune Afrique que certains pays au sein du Conseil des gouverneurs souhaitent maintenant que les présidents du Ghana et du Sénégal s’impliquent directement pour lever les blocages comme en 2020 et éviter une crise diplomatique.

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