Africa-Press – Senegal. En observant des cellules de souris et de poissons-zèbres morts, des biologistes ont identifié un état cellulaire intermédiaire, distinct des définitions traditionnelles de la vie et de la mort. Cette découverte révèle une activité génétique surprenante dans les cellules, même après la mort de l’organisme. Peter Noble, l’un des auteurs de l’étude, explique cette avancée révolutionnaire.
Au-delà de la vie et de la mort
Le concept binaire de « vivant » ou « mort » pourrait ne plus suffire pour décrire l’état des cellules, selon une équipe de chercheurs américains. « Même si un organisme meurt, certaines de ses cellules conservent la capacité de se réorganiser et de former de nouvelles structures de vie », explique Peter Noble, chercheur à l’Université d’Alabama (États-Unis).
Dans une nouvelle étude, co-dirigée par Alexander Pozhitkov, des biologistes ont étudié des cellules prélevées sur des souris et des poissons-zèbres morts. Placées dans des boîtes de Pétri, ces cellules se sont spontanément assemblées pour former de petites sphères appelées biobots.
Qu’est-ce qu’un biobot ?
Le concept de biobots n’est pas totalement nouveau. Leur développement a fait la une pour la première fois en 2020. À l’Université de Tufts (États-Unis), des chercheurs avaient prélevé des cellules souches d’embryons de grenouilles (Xenopus laevis). Ces cellules s’étaient auto-assemblées en sphères. Grâce aux cils présents à leur surface, ces « xénobots » pouvaient se déplacer de manière autonome dans leur boîte de Pétri. Plus surprenant encore, ils avaient démontré une capacité d’auto-reproduction.
Les conclusions de la nouvelle étude
Dans leurs dernières expériences, l’équipe de Noble et Pozhitkov a constaté que les cellules provenant d’animaux morts — souris et poissons-zèbres — manifestaient des comportements similaires. Ces cellules ne se dégradaient pas immédiatement après la mort de l’organisme, mais se réorganisaient pour former des structures distinctes avec une activité génétique inattendue.
L’étude montre que l’expression génétique dans ces cellules reste étonnamment active après la mort. Ces observations remettent en question les définitions conventionnelles de la mort cellulaire et de la survie.
Les implications de cette découverte
Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension des processus cellulaires, la préservation de la vie et la biologie régénérative. Elle pourrait également avoir des implications profondes pour la médecine, notamment dans la préservation des organes, les transplantations et les limites de la vie cellulaire.
En démontrant que certaines cellules peuvent se réassembler et manifester des propriétés similaires à la vie après la mort de l’organisme, l’étude soulève des questions essentielles sur la définition même de la vie et sur le potentiel d’exploitation de ce « troisième état » à des fins biomédicales.
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