Africa-Press – Tchad. Au cœur du Sahara tchadien, l’équipe de Tchadinfos a rencontré Koki Chetté, guide touristique basé dans le massif de l’Ennedi-Ouest. En boubou clair, le regard vif sous son chèche, il incarne à lui seul une profession rare et menacée au Tchad: celle de guide touristique spécialisé dans les circuits scientifiques.
« Je suis le chef d’agence provinciale de l’Office national de promotion du tourisme, de l’artisanat et des arts de l’Ennedi de l’Ouest », se présente-t-il d’une voix posée, presque solennelle. Puis il précise ce qui définit véritablement son engagement: « Je suis également guide touristique et médiateur culturel spécialisé dans les services touristiques scientifiques. »
Son métier consiste à être à la fois passeur de paysages et passeur de savoirs. « Un guide touristique, c’est quelqu’un qui a acquis des connaissances, qui a été formé dans diverses disciplines scientifiques afin de répondre aux attentes des touristes. »
Avec ses clients, souvent des universitaires, des paléontologues amateurs ou des passionnés de préhistoire, les questions sont pointues: stratigraphie des grès, datation des peintures rupestres, traces de l’époque où le Sahara était verdoyant, fossiles de vertébrés disparus. « Nous abordons la biologie, mais surtout la géologie, l’archéologie et la paléontologie. Il faut disposer de ce bagage pour pouvoir répondre à toutes ces interrogations », explique-t-il.
Depuis 2012, année où il a obtenu sa certification officielle de guide, Koki Chetté exerce sans relâche. Pour lui, cette activité dépasse le simple cadre professionnel. « Ce métier est noble, comme tout autre. Il permet de valoriser notre pays. Nous faisons découvrir à nos hôtes la culture, l’artisanat et l’art de cette région. »
Cependant, la réalité du terrain reste difficile. « La première difficulté, c’est qu’il faut reconnaître que la destination Tchad attire peu de touristes », déplore -t-il. Il plaide pour la mise en place de structures officielles solides, d’une véritable politique de promotion touristique et, surtout, pour la formation d’une nouvelle génération de guides. « Nous avons besoin de relève. Il existe un manque réel de guides qualifiés. »
Son message aux jeunes est clair et empreint d’espoir. « J’encourage tous ceux qui ont l’ambition de guider et de faire découvrir leurs contrées à se lancer». Une invitation à se former, à s’approprier ce rôle singulier de médiateur entre un patrimoine millénaire et des voyageurs en quête de sens.
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