Africa-Press – Tchad. La scène politique tchadienne traverse une zone de turbulences alors que l’arrestation de Succès Masra, président du parti Les Transformateurs, a mis en lumière les défis persistants pour l’opposition dans un pays marqué par des décennies de règne autoritaire. Avec l’intensification des tensions politiques, des voix s’élèvent sur la capacité de l’opposition à s’organiser et à faire face à un régime qui ne lâche rien.
Pour mieux comprendre la situation, nous avons recueilli l’analyse du Pr Ahmat Mahamat Hassan, politologue. Selon lui, l’opposition tchadienne est confrontée à plusieurs défis majeurs. « Avant même l’arrestation de Masra Succès, nous constations déjà un rétrécissement de l’espace de liberté et de l’exercice politique au Tchad », souligne-t-il.
Il déplore l’interdiction quasi systématique des manifestations pacifiques, la multiplication des arrestations et enlèvements arbitraires, ainsi que le climat de peur qui affaiblit les leaders politiques. « L’opposition démocratique n’a d’impact que dans un espace de démocratie et d’État de droit », insiste-t-il.
Pour le Pr Ahmat Mahamat Hassan, le pays s’oriente davantage vers un autoritarisme dicté par la conservation du pouvoir que vers un véritable enracinement de la démocratie. « L’opposition tchadienne n’a pas d’avenir si elle ne se ressaisit pas. Le rétrécissement de l’espace politique n’est pas crédible, ni pour le régime, ni pour la population », affirme-t-il.
Malgré ce constat préoccupant, il entrevoit des lueurs d’espoir à condition qu’un véritable dialogue politique soit engagé. « Il faut lancer une nouvelle forme de dialogue, mais sincère cette fois-ci. Pas un séminaire de légitimation comme en 2022 », conclut-il.
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