Circulation routière à N’Djamena : entre arnaque policière, accidents et fluidité de la circulation

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Circulation routière à N’Djamena : entre arnaque policière, accidents et fluidité de la circulation
Circulation routière à N’Djamena : entre arnaque policière, accidents et fluidité de la circulation

Africa-Press – Tchad. Il ne se passe pas un seul jour sans qu’il n’y ait d’accidents de circulation routière dans la ville de N’Djaména. A tout bout de chemin, il est probable d’être témoin ou victime d’un accident de circulation routière.

Le matin du samedi 18 décembre, au quartier Gassi, dans le 7ème arrondissement, un accident s’est produit entre un conducteur de moto et un cycliste. La cause de cet accident est liée à l’excès de vitesse. Interrogés sur la situation, les chauffeurs de taxi accusent les conducteurs de moto-taxi appelés communément « clandomen ».

Un accident de circulation a toujours des conséquences humaines ou matérielles. Pour Moustapha, chauffeur de taxi, « les clandomen ne savent pas conduire ». Cette accusation est balayée d’un revers de la main par les conducteurs des moto-taxi qui estiment plutôt que les chauffeurs de taxi et minibus n’observent pas le code de la route. Et Djérané, clandoman de son état, ne se reconnaît pas dans cette accusation qu’il qualifie de gratuit. Il soutient que « certains chauffeurs de taxi et minibus ne respectent pas le code de la route, ils roulent à toute vitesse et virent ou garent brusquement. Alors, s’ils sont devant vous, il y a une forte chance de connaître un accident ».

Le citoyen lambda, éternelle victime de la situation

Quelques autres usagers de la route évoquent l’irresponsabilité des parents. C’est le cas de Jeannette Madjyanouba : « ici à N’Djaména, on voit les enfants de 10 à 15 ans au volant, ignorant les règles de conduite, ils roulent à une vive allure ». Jeannette Madjyanouba d’ajouter que « j’ai l’impression que même les grandes personnes n’ont pas de vrais permis de conduire. Le plus souvent, elles achètent un véhicule avant de demander à leurs cousins de leur apprendre à tenir le volant et engager la vitesse ».

Pourtant, la Compagnie de la Circulation routière (BCR), qui a pour mission de réguler ou rendre fluide la circulation, se trouve incapable de s’assumer. Elle est moins active quand il est question de contrôler véritablement les pièces. Elle se complait à repérer les conducteurs qui n’ont pas de plaques d’immatriculation ou des véhicules venant des villages environnants de N’Djaména avec les marchandises pour les extorquer des billets de banque. Elle opère quelquefois la nuit dans des endroits non éclairés où ses éléments peuvent bondir sur les usagers qui n’obtempèrent pas à leur signal.

Une des causes les plus répandues, c’est la conduite à l’état d’ivresse. Dans un état d’ébriété, les risques d’accident sont énormes. L’exemple probant est celui d’un véhicule Toyota Land-Cruiser au rond-point à double voie où un jeune ivre au volant à écraser plusieurs personnes à son passage. Interpellé, le constat a donné un taux d’alcool élevé dans son sang.

En outre, lorsqu’un accident de circulation survient, certains officiers de police se précipitent pour le constat. L’occasion pour eux de se renflouer les poches. Ces officiers de police taxent aux auteurs d’accidents de circulation des sommes d’argent exorbitantes allant parfois jusqu’à 150.000 FCFA pour le constat. Djiraïmadji, chauffeur de taxi cite un policier qui lui aurait pris 50.000 FCFA sans toutefois récupérer sa voiture au commissariat pendant des mois.

Au pavillon des urgences, le nombre des blessés, victimes d’accident de circulation va chaque jour crescendo. Selon un infirmier, « depuis que les fêtes de fin d’année s’annoncent, on enregistre quotidiennement 5 à 6 cas de blessés à l’hôpital général de référence nationale, sans compter ceux qu’on amène dans d’autres centres de santé ou cliniques ». Vu la fréquence de ces accidents de circulation routière, les usagers de la route doivent redoubler de prudence et de vigilance au volant pour éviter un éventuel accident. Bien plus, la CCR est ainsi interpellée afin d’agir dans le sens de réduire le taux de ces cas d’accidents dans la ville de N’Djaména. Elle doit, par conséquent, tout en contrôlant les pièces d’engins, rendre aussi fluide la circulation. Car, « la route ne tue pas, mais c’est nous qui tuons… », dit un adage.

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