Africa-Press – Togo. Cela fait plus d’un siècle que nous générons, produisons et jetons des déchets plastiques issus du pétrole. Se dégradant en particules microscopiques, cette pollution s’est enkystée insidieusement au sein de toutes les strates de nos environnements. Les sols, les océans, les nuages, les plantes, les animaux en sont de plus en plus contaminés. Et nos organismes n’échappent évidemment pas à la règle et s’avèrent être devenus de véritables décharges où s’accumulent les particules de microplastiques que nous mangeons, buvons, respirons, touchons.
Davantage de microplastiques et de nanoplastiques dans le cerveau que dans le foie ou les reins
Jusqu’à présent, ce sont essentiellement des organes comme le foie ou les reins qui étaient passés au crible par les scientifiques, essentiellement parce que ce sont les lieux de passage de nos aliments et de nos boissons. Mais il a également été trouvé des particules de microplastiques (ainsi que de nanoplastiques) dans nos organes reproducteurs, nos artères notre cœur ou les poumons.
Toutefois, une étude à paraître réalisée par des chercheurs de l’Université du Nouveau Mexique vient de pointer du doigt un organe insoupçonné: notre cerveau. 91 échantillons de cerveaux de patients décédés datant de 2016 et 2024 ont été analysés par des méthodes de chromatographie. Résultat: non seulement, tous, sans exception, contenaient des microplastiques. Mais, de plus, comparés à des échantillons de foie et de reins extraits des mêmes cadavres, ils en contenaient de 10 à 20 fois plus !
Une stratégie « cheval de Troie » pour les particules de plastique
Les chercheurs expliquent cette concentration élevée par le fait que les cerveaux sont traversés par un flux sanguin important, environ 30% de ce que le cœur envoie vers les organes.
Or, on pourrait penser que la barrière hémato-encéphalique (qui isole le cerveau du reste de l’organisme et le protège des pathogènes et des toxines) empêcherait le passage des particules de microplastiques charriées par le sang. Seulement, expliquent les chercheurs, leurs travaux sur des souris leur ont montré que la barrière était, d’une part, inefficace pour stopper les particules de plastique inférieures au micromètre et que, d’autre part, même de plus grosses finissaient par la franchir.
Le plus souvent, elles passaient inaperçues en adoptant une stratégie « cheval de Troie », se liant à des molécules biologiques essentielles comme le cholestérol.
La contamination au plastique s’accumule avec les années
Pour l’instant, on ignore les conséquences exactes d’une telle pollution cérébrale. Mais, ce que l’on suspecte n’est guère rassurant. La présence de microplastiques dans nos organismes a déjà été corrélée à des problèmes inflammatoires et toxiques sur les système respiratoires, digestifs, nerveux, immunitaire et reproductif. Bref, sur la quasi totalité de notre corps. Peu de chance que notre matière grise échappe à la règle.
Et la pollution s’accumulant au fil des années, le mal ne fait que s’aggraver selon leurs relevés. En 8 ans, les concentrations de plastiques trouvées dans les cerveaux de 2024 comparée à celle des cerveaux de 2016 ont augmenté de plus de 50%…
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