Togo-Décès d’Ornella Laine : Des améliorations très attendues

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Togo-Décès d’Ornella Laine : Des améliorations très attendues
Togo-Décès d’Ornella Laine : Des améliorations très attendues

Africa-Press – Togo. Le 08 octobre 2021, le Togo a été secoué par l’affaire du décès en couches de Mme Ornella Laine. Cette affaire est devenue virale sur les réseaux sociaux, contraignant autorités sanitaires, municipales et organisations professionnelles du secteur de la santé à s’y intéresser. Néanmoins, ce drame doit constituer le début d’une nouvelle ère où la santé des Togolais doit être la priorité des priorités.

La première décision prise par les responsables du CHU Sylvanus Olympio où la victime a rendu l’âme, est la sanction infligée à deux agents de la morgue. Ces derniers, exclus pour une durée de trois mois, sont accusés d’avoir escroqué la famille de la victime. Une faute certes, mais qui n’a rien à voir avec la situation de crise créée par le décès tragique de Mme Ornella Laine. Ensuite, il y a eu la mise à pied, pour quinze jours, des sages femmes impliquées dans le drame et exerçant au Centre de santé de Wétrivikondji. C’est dans cet hôpital que la victime a fait une chute qui a nécessité son évacuation vers le CHU. Le maire de la commune de Golfe 4, Jean-Pierre Fabre, s’y est également rendu pour une rencontre avec le personnel.

La dernière étape en date de cette affaire qui a ému le Togo tout entier est la sortie des organisations professionnelles du secteur de la santé. L’Association des sages femmes du Togo (Assafeto), la Société des gynécologues et obstétriciens du Togo (Sgot), l’Ordre national des médecins du Togo (Onmt) et le Syndicat des praticiens hospitaliers du Togo (Synphot) ont sorti un communiqué ce 24 octobre 2021. Elles y ont exprimé leur « grande tristesse », soulignant que ce décès de plus vient s’ajouter à la longue liste des décès maternels évitables enregistrés dans le pays. « Nous nous inclinons devant la mémoire de cette dernière ainsi que celle de toutes les femmes qui ont perdu la vie en venant la donner dans nos formations sanitaires », écrivent-elles.

Le Synphot et ses camarades décident de mettre en place une commission mixte d’expertise dont le travail sera d’analyser les circonstances du décès de Mme Laine Ornella, mais aussi d’autres cas dont ils ont connaissance, « afin de mieux situer les responsabilités et de formuler des propositions concrètes d’amélioration de notre système de santé ».

En attendant la mise en place de cette commission, les organisations du secteur demandent « à la population de maintenir sa confiance en notre système et aux professionnels de santé », « au personnel soignant le calme, le savoir être et le professionnalisme dans la prise en charge des patients ou des bénéficiaires de leurs services », « aux autorités administratives et politiques, la poursuite des efforts en vue de l’amélioration continue de notre système de santé ».

Que de beaux sentiments et de belles intentions. Mais cela ne doit pas occulter le fait que dans ce drame, ce sont deux vies qui ont été gaspillées. Mme Ornella Laine ne reviendra plus jamais parmi les siens. Son époux et ses deux enfants ne la reverront plus jamais. Le vide qu’elle a laissé est éternel et nul ne pourrait le combler. Quand on perd un être cher, l’apparition d’une autre personne ne le remplace pas. Jamais, devons-nous dire. Il en est de même du nouveau-né attendu dont on ne peut imaginer la joie et le bonheur qu’il apportera dans sa famille. Que du gâchis.

Ces décès ne doivent pas être passés par pertes et profits pour que rien ne change. Non! Ce drame doit être le début d’une nouvelle ère dans la prise en charge des patients. Une nouvelle ère pour tout le système de santé au Togo. Les autorités administratives et politiques doivent faire de la santé des Togolais la priorité des priorités. Renforcer le personnel et les structures de soins. Quant à la maternité, elle doit aller au-delà du programme Wezou censé assurer aux femmes la vie pendant et après les grossesses. Les efforts en matière de santé ne doivent plus connaître de limites. La santé au Togo ne doit plus rimer avec précarité, désuétude, manque…

Faut-il laisser impuni ce « crime » ? Non. Ecoper de deux semaines de mise à pied après avoir contribué d’une manière ou d’une autre à décimer une famille, c’est trop peu comme sanction. Au minimum, cette affaire doit être portée devant la justice, et les personnes impliquées inculpées, car il s’agit là d’un double homicide. Le drame qui a endeuillé la famille d’Ornella Laine doit faire tache d’huile pour que les soignants se rappellent le serment d’Hippocrate, et réintègrent dans leur esprit qu’aucune vie ne doit être négligée quelles que soient les circonstances.

L’argument selon lequel les soignants sont débordés ne doit plus être avancé pour justifier des drames. Les organisations syndicales ont le devoir de revendiquer de meilleures conditions de travail. Elles ne doivent plus faire des concessions en estimant que le gouvernement a fait un pas. Il faut revendiquer avec acharnement, quitte à multiplier les mouvements de grève. Si tel est le prix à payer, les Togolais s’y plieraient. Car, c’est mieux de voir des améliorations après des grèves que de vivre indéfiniment des drames.

G.A

source : Liberté

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