Drague Fatale: Un Ministre Arrêté Pour Chantal

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Drague Fatale: Un Ministre Arrêté Pour Chantal
Drague Fatale: Un Ministre Arrêté Pour Chantal

Africa-Press – Cameroun. Le 31 mars 2008, Urbain Olanguena Awono, le bouillant ministre de la Santé, était arrêté sur « très hautes instructions ». Officiellement accusé de détournement de fonds du Global Fund, sa véritable faute serait ailleurs: avoir été trop apprécié par la première dame, Chantal Biya. Dix-huit ans plus tard, alors qu’aucune preuve n’a jamais été apportée et que les experts internationaux l’ont disculpé, l’ancienne star de la lutte contre le Sida croupit toujours à la prison de Kondengui. Retour sur une affaire où la jalousie présidentielle, doublée d’une vengeance sans fin, a eu raison de l’État de droit.

LE MINISTRE QUI A ÉTÉ ARRÊTÉ PAR PAUL BIYA POUR AVOIR DRAGUÉ CHANTAL BIYA…

Le 31 mars 2008, il y a 18 ans, le sémillant ministre de la Santé, Urbain Olanguena Awono, est arrêté pour détournement de deniers publics.

Derrière cette arrestation pour laquelle l’État-Biya ne réussira jamais, pour la première fois, à apporter la moindre preuve de culpabilité du prévenu, la justice camerounaise mue par les « très hautes instructions » de M. Paul Biya, inventera un crime inexistant dans le Code pénal camerounais: « détournements par assimilation ». Pince-sans-rire. Cela pourrait signifier qu’il s’est agirait du fantôme de détournement de deniers publics.

Le ministre Olanguena Awono gérait le budget du Global Fund de lutte contre le VIH Sida, la malaria et la tuberculose. Il était devenu une star, et, vite, la coqueluche de la galaxie des organisations humanitaires budgétivores de la première Dame, Chantal Biya. L’une d’entre elles, Synergies africaines, est devenue une association active de premières dames africaines qui, avec la Fondation Chantal Biya, a amené au Cameroun le célèbre codécouvreur du virus du Sida et Nobel de Médecine français Pr. Luc Montagnier.

La première Dame aurait commis la maladresse fatale: des compliments trop appuyés au sujet du « ministre compétent » à son époux chef de l’État. Ce dernier en a piqué la colère du mari jaloux. Il a décidé de mettre aux arrêts le ministre-aux-beaux-costumes et aux lunettes chics.

Depuis lors, Urbain Olanguena est en prison. Seule accusation inavouée: il a osé faire le beau chez Chantal Biya.

La rumeur prétend – comme d’habitude – qu’il « est allé plus loin » que la simple collaboration avec la première Dame. Il aurait « touché ». C’est faux.

Le patron du Global Fund onusien, le Pr. Michel Kazachkine, a écrit pour le disculper. Les fonds avaient été bien gérés. L’expertise des cabinets internationaux chargés de vérifier les comptes n’est pas discutable. Il était quasiment impossible que ces fonds soient distraits à leur insu au Cameroun. Mais rien n’y a fait.

M. Paul Biya ne veut rien entendre: « On ne s’amuse pas avec la femme du chef. » (sic)

L’ancien ministre de la Santé entamera donc sa 19ème année de « détention arbitraire » en tant que « prisonnier politique » dès le mois d’avril 2026.

Le chef de l’État, M. Paul Biya a jusqu’à récemment botté en touche moult instances et suppliques de l’ancien ministre expliquant et réexpliquant son innocence.

L’homme a la rancune tenace doublée d’une mémoire d’éléphant lui assurant le contrôle quasi-permanent de ses punitions. Son système a été tissé en conséquence: il est le maître du temps.

Il a verrouillé le pays pour qu’il n’y ait pas d’alternative à sa colère: il n’y aura pas d’alternance à la tête de l’État tant qu’il est en vie (à cet effet, je vous suggère mon enquête vidéo YouTube en lien).

M. Biya aurait directement usé de sa position de patron du Conseil supérieur de la magistrature pour instruire, punir ou écarter les magistrats ayant tendu une oreille attentive aux « punis » comme Olanguena Awono, du reste en proie à de sérieux problèmes de santé en détention.

L’ex-star de la Santé publique est devenue l’ombre de lui-même à la fameuse prison principale de Yaoundé-Kondengui. Son séjour se prolonge sans le sou, jalonné d’événements malheureux comme le décès de son père.

J.-M.S.

P.S.: c’était un rappel pédagogique de la méthode Biya aux adeptes de la mémoire courte. On ne touche pas à Madame! Il veille.

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