Touadéra Cherche Garanties à Kigali Contre Retrait Russe

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Touadéra Cherche Garanties à Kigali Contre Retrait Russe
Touadéra Cherche Garanties à Kigali Contre Retrait Russe

Africa-Press – CentrAfricaine. Faustin-Archange Touadéra a rencontré Paul Kagame ce 23 novembre et l’a discrètement sollicité pour sécuriser le prochain scrutin présidentiel, fin décembre. Kigali, déjà pilier du dispositif militaire en Centrafrique, est pressenti pour jouer un rôle élargi en cas de repli des Russes d’Africa Corps.

À mesure que se rapprochent les élections générales en Centrafrique, et notamment la présidentielle prévue le 28 décembre, Faustin-Archange Touadéra intensifie ses manœuvres pour verrouiller un dispositif sécuritaire encore fragile. Ce 23 novembre, il a effectué une visite express à Kigali, au Rwanda, officiellement pour « renforcer la coopération bilatérale » avec le pays présidé par Paul Kagame dans les domaines de la sécurité, de la formation et du développement économique.

Selon plusieurs sources au palais présidentiel de Bangui, Touadéra voulait surtout sonder la capacité – et la volonté – du Rwanda à se substituer – au moins partiellement – au dispositif russe en place en Centrafrique, dont l’avenir demeure incertain depuis la réorganisation du groupe Wagner en Africa Corps. À Bangui, si le discours officiel reste encore très russophile, les signaux venus de Moscou sont jugés trop flous par certains pour aborder un nouveau cycle électoral sans plan B.

Touadéra « veut éviter toute surprise »

Le chef de l’État n’a pas oublié la séquence chaotique de la dernière présidentielle: combats aux abords de Bangui, vote perturbé dans plusieurs régions, puis tentative de déstabilisation post-scrutin. « Il veut éviter toute surprise », confie à Jeune Afrique un proche conseiller. D’où sa volonté d’impliquer plus étroitement Kigali, considéré comme un partenaire fiable, discipliné et politiquement audible auprès des Occidentaux, notamment Washington.

Outre les contingents aguerris déployés dans la mission de l’ONU (Minusca), les forces spéciales rwandaises présentes en Centrafrique constituent aujourd’hui l’ossature sécuritaire extérieure la plus solide dont dispose Bangui en dehors des Russes. Le président Touadéra cherche donc à obtenir des garanties supplémentaires – présence renforcée, soutien logistique, appui financier indirect – avant d’entrer dans le dur de la campagne.

Figure centrale du dispositif informel autour de Touadéra, Sani Yalo a joué un rôle déterminant dans la préparation de la mission. Connu pour ses relais de haut niveau à Kigali, il est l’un des intermédiaires centrafricains les mieux introduits au sein du premier cercle de Kagame. Il a facilité plusieurs mises en relation discrètes ayant précédé la rencontre présidentielle et avait déjà participé à la visite de Kagame en Centrafrique en octobre 2019.

Paul Kagame favorable à un « appui renforcé »

La ministre des Affaires étrangères de la Centrafrique, Sylvie Baïpo-Temon, était chargée des dossiers institutionnels, notamment ceux relatifs à la coopération sécuritaire et au financement des opérations électorales. Mais, selon nos informations, les discussions les plus sensibles – continuité sécuritaire, marges de manœuvre en cas de retrait russe, contributions rwandaises à la sécurisation du scrutin – se sont tenues en petit comité, bien en amont de toute communication officielle.

À Kigali, Faustin-Archange Touadéra a trouvé une oreille attentive. Le Rwanda de Paul Kagame voit dans la stabilité centrafricaine un intérêt stratégique et politique, le pays se positionnant comme un intermédiaire privilégié entre Bangui et certains partenaires occidentaux. En coulisses, l’idée d’un « mécanisme d’appui renforcé » rwandais pour la période électorale circule déjà, même si sa forme reste à préciser en amont des scrutins du 28 décembre prochain.

Source: JeuneAfrique

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