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Le contrat Africa Corps imposé par Moscou à Faustin-Archange Touadéra montre l’ampleur du piège dans lequel s’enlise la Centrafrique. Cette facture de 15 millions de dollars mensuels, soit 180 millions annuels, dépasse largement les capacités d’un pays dont le budget national atteint péniblement 300 millions. Cette ponction budgétaire condamne l’État à l’asphyxie financière immédiate.
L’économie centrafricaine va sans doute vaciller sous ce fardeau. Les salaires des enseignants ne pourront plus être versés. Les dispensaires manqueront de médicaments essentiels. Les routes se dégraderont d’avantage et plus dure sans possibilité de réparation.
La Banque africaine de développement et le FMI alertent sur cette dérive budgétaire. Leurs analyses démontrent qu’un tel engagement financier plongerait le pays dans une spirale d’endettement irréversible. Les projets de développement s’arrêteraient nets, privant les populations d’infrastructures vitales.
Africa Corps, selon Touadera, présente des résultats décevants sur d’autres théâtres d’opération. Au Mali et au Niger, cette structure peine à contenir la progression des groupes djihadistes malgré des moyens considérables. En Centrafrique, où les rebelles restent actifs, le risque d’effondrement du régime grandit.
L’échec potentiel d’Africa Corps exposerait dangereusement le régime de Touadéra, selon plusieurs annalistes.
Le contrat Africa Corps officialise la perte de souveraineté nationale. Les décisions militaires émanent désormais du ministère russe de la Défense plutôt que du gouvernement centrafricain. Cette subordination transforme Touadéra en simple exécutant des volontés moscovites, vidant la présidence de toute substance politique.
L’exploitation des ressources minières échappe complètement au contrôle étatique. Les mines d’or alimentent directement les circuits russes. Cette spoliation prive l’État de recettes fiscales indispensables au fonctionnement des services publics.
L’isolement international s’aggrave face à cette dérive. L’Union européenne et les États-Unis conditionnent leur aide au respect de la souveraineté centrafricaine. Cette position ferme réduit les sources de financement alternatives et enfonce le pays dans la dépendance russe.
Les conséquences sociales de cette crise dépassent les simples indicateurs économiques. Une génération entière grandit dans la violence et l’arbitraire, perdant confiance dans les institutions nationales. Cette destruction du lien social hypothèque lourdement l’avenir du pays, même en cas d’évolution politique favorable.
L’Union africaine exprime ses inquiétudes face à cette évolution. Les dirigeants continentaux redoutent la création d’un précédent qui encouragerait d’autres puissances à imposer des contrats similaires à des États fragiles. Cette contagion menacerait la stabilité de toute la région centrafricaine.
Touadéra découvre amèrement les limites de sa stratégie d’alliance avec Moscou. Il espérait instrumentaliser Wagner pour consolider son pouvoir, mais c’est l’inverse qui se produit. Le président centrafricain devient progressivement otage d’un système qu’il ne contrôle plus.
Les alternatives existent pourtant. L’Union africaine propose un mécanisme de financement continental pour la sécurité. L’Union européenne étudie un programme d’appui budgétaire conditionné au respect de la gouvernance démocratique. Ces options nécessitent cependant une rupture claire avec les pratiques actuelles.
La fenêtre de manœuvre se referme rapidement. Chaque jour de retard dans les réformes aggrave la dépendance russe et complique les négociations avec les partenaires traditionnels. Touadéra doit choisir entre sa survie politique immédiate et l’avenir de son pays.
Cette crise démontre l’échec du modèle de développement imposé par les puissances extérieures. La Centrafrique devient le laboratoire d’une nouvelle forme de domination, où la souveraineté nationale s’échange contre une protection militaire illusoire. Les Centrafricains subissent les conséquences de choix politiques qui les dépassent, condamnés à vivre dans un pays dont ils ne maîtrisent plus le destin.
Source: Corbeau News Centrafrique
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