Africa-Press – CentrAfricaine. Depuis 2022, le dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra vend des illusions digitales à une nation écrasée par la pauvreté. Bitcoin officiel, cryptomonnaies douteuses, île fantôme: ces projets fumeux et criminels enrichissent quelques privilégiés pendant que le peuple croupit dans la misère.
Dès le départ, l’adoption du bitcoin comme devise légale aux côtés du franc CFA déroute. Pour un territoire parmi les trois derniers les plus démunis de la planète, ce pari technologique paraît absurde. Ensuite surgit le Sango Coin, un jeton censé transformer les ressources minières et forestières en actifs numériques pour séduire des bailleurs étrangers. Résultat: quelques millions collectés, moins d’un dixième des tokens vendus, et un portail web éteint depuis avril 2025. Les sommes récoltées se sont évaporées dans l’ombre de la mafia présidentielle.
L’audace grimpe encore avec Crypto-Island, imaginée sur l’île Mbongossoua au milieu du fleuve Oubangui. Un paradis fiscal promis, garni de tripots, de salles de concert et d’immeubles étincelants. Sauf que les inondations de 2023 expulsent deux mille habitants, désormais réfugiés sous des bâches sur la berge opposée. L’accès à leur ancien foyer leur reste refusé, hormis pour les offices à l’église Sauvé des Eaux.
Ces personnes déplacées se sentent rayées de la carte par les autorités. Siopathis Mbassi, une résidente, raconte qu’on les considère comme des intrus dans leur propre pays. Le ministre conseiller à la présidence réplique en citant des dédommagement effectués en 2010 et 2017, ainsi qu’un terrain offert pour se réinstaller ailleurs. Pascal Bida Koyagbele, chargé des infrastructures majeures, explique que certains s’accrochent volontairement à ces campements de fortune pour obtenir de nouveaux dédommagements. Il évoque des versements réguliers qui les incitent à rester, comparant leur sort à celui de voisins frappés par des malheurs plus graves.
L’apogée de cette dérive arrive en février 2025 avec le $CAR, un memecoin dévoilé par Touadéra sur les réseaux sociaux, présenté comme une expérience ludique destinée à mobiliser les masses et à financer le développement. Lancé sur la blockchain Solana, ce token atteint presque neuf cents millions de valorisation en quelques heures, puis s’effondre de plus de quatre-vingt-dix pour cent, parfois quatre-vingt-seize, en un ou deux jours. Des milliers de spéculateurs perdent tout.
Des analyses de la blockchain montrent qu’un portefeuille capte une part colossale juste avant l’annonce officielle, schéma classique de manipulation. Le nom de domaine web enregistré trois jours avant le lancement, des liens piégés pour dérober des clés privées, un compte suspendu, des vidéos potentiellement falsifiées: tout indique une arnaque montée personnellement par le dictateur Faustin-Archange Touadera.
Des experts indépendants, notamment une organisation genevoise, y décèlent une brèche massive pour des réseaux occultes qui recyclent de l’argent sale ou contournent les législations, dans un pays où électricité et connexion internet demeurent un luxe pour la majorité. Les recettes du $CAR servent prétendument à tokeniser des parcelles foncières, mais aucune preuve ne confirme leur arrivée dans les caisses publiques.
Touadéra continue de défendre ces initiatives comme un saut vers la modernité, tandis que le Sango stagne et que l’île reste abandonnée, les travaux repoussés à 2026. Les expulsés attendent sous leurs abris provisoires, les investisseurs pleurent leurs économies, et des bruits courent sur des fortunes accumulées en coulisses par l’entourage présidentiel. Le pays, épaulé par des mercenaires russes et rwandais, a voté le 28 décembre dernier lors d’un scrutin où Touadéra brigue un nouveau mandat, au milieu de ces promesses numériques qui s’effilochent. Les déplacés de Mbongossoua campent toujours sur l’autre rive, les promoteurs de cryptomonnaies disparaissent avec les fonds, et la population centrafricaine continue d’attendre des changements concrets qui ne viennent jamais
Source: Corbeau News Centrafrique
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